Qu’est ce que l’Océanographie ?

Sommaire +
  1. I.Introduction
  2. II.Océanographie – Présentation
  3. III.Quelques principes d'océanographie
  4. IV.Quelques missions océanographiques
  5. V.Le métier d'océanographe
  6. VI.Glossaire

V. b. 5. Les recherches océanographiques font intervenir du matériel de plus en plus sophistiqué (robots sous-marins …), en quoi cela influe sur votre travail ?

 Thierry Moutin
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Nous sommes encore très limités par notre capacité à mesurer les variables qui vont nous permettrent de mieux comprendre le fonctionnement de l’océan. Nous avons toujours besoin d’instruments de plus en plus précis et sensibles, de capteurs qui peuvent mesurer certaines variables à hautes fréquences. En plus des nouveaux instruments que l’on va utiliser (capteurs nitrate et oxygène, capteur de température à ultra haute fréquence, compteur optique de particules, cytomètre trieur de cellules, profileur vidéo marin…), nous nous dirigeons vers de l’océanographie opérationnelle. 

Dans le cadre de la mission BOUM, nous employons du nouveau matériel qui va rester en mer et qui va nous renseigner pendant longtemps sur la dynamique océanique. C’est du matériel qui a été mis au point pour l’océanographie opérationnelle. En gros, nous voudrions avoir une idée du fonctionnement de l’océan à un moment donné, indépendamment de la lourde logistique à mettre en œuvre pour les bateaux. Donc, quelque part, on peut dire que nous participons à l’élaboration de nouveaux instruments puisque que nous nous en servons dans nos campagnes. Dans ce cadre, nous avons parfois été consultés pour le développement de nouveaux navires.

Jozée Sarrazin
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Oui, nous avons vraiment besoin de travailler en partenariat avec des gens qui font de la technologie. Pour le développement de l’instrumentation, les instruments ne se trouvent pas sur une tablette comme c’est le cas pour d’autres environnements, moins extrêmes. Les instruments naissent à partir des questions que nous nous posons et c’est là que nos collègues « ingénieurs et techniciens » interviennent. Ils nous aident à concrétiser nos besoins.  Pour les engins sous-marins, comme nous sommes les utilisateurs, nous sommes consultés. Par exemple, « Victor » va entrer en carénage et une équipe de scientifiques participera à la définition du cahier des charges. Leur implication est indispensable pour connaître les différents besoins des scientifiques, les améliorations à apporter.
Pierre-Marie Sarradin
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Tout à fait, nous sommes présents dans l’élaboration du cahier des charges. Nous avons eu la chance de participer au développement de « Victor 6000 » (ce n’est pas tous les jours que l’on a la chance de faire ça !), à ses premières plongées et enfin, à la mise au point des outils que « Victor » utilise.
Vous êtes les premiers concernés ?
Oui les premiers… et les derniers ! Nous avons eu beaucoup de chance ces dix dernières années puisque nous avons un sous-marin neuf « Victor 6000 » et un navire tout neuf qui est le « Pourquoi pas ? ». Toute la partie qui concerne le cahier des charges et les plans du navire a bien sûr été menée par des professionnels, mais en consultant énormément de scientifiques.
Lucien Laubier
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On a déjà dépassé le stade des sous-marins, des soucoupes pour passer au stade des robots qui transmettent des images par des câbles en fibre optique. Ainsi, on peut faire des plongées sans limite de temps (puisqu’on n’est pas dans l’engin) et déjà opérer des petites expériences, récupérer des bêtes etc. Le tout sous l’œil des caméras et sur l’écran des moniteurs de télévision à bord du bateau.
Est-ce que l’on peut dire que cette instrumentation a eu une influence positive sur votre travail et vous a permis de découvrir de nouvelles choses ?
Oui, tout à fait, mais vous savez, au bord d’une plage, avec une pelle et en soulevant des rochers, on trouve aussi des choses tout à fait intéressantes, passionnantes… même si pour atteindre les sources hydrothermales, c’est quand même plus compliqué !

Avez-vous contribué à l’élaboration de nouveaux instruments ?

Oui, car je suis assez bricoleur, j’ai un goût pour la mécanique… Je me suis passionné pour les pompes aspirantes, pour récupérer en douceur des animaux qui sont très fragiles, qu’il ne faut absolument pas écraser ni presser. Je me suis beaucoup intéressé à ces questions là, ainsi qu’aux techniques pour trier les minuscules animaux marins. Sur le profond surtout, on ne savait pas du tout trier au début, donc la plupart des bêtes échappaient à nos investigations parce qu’elles sont inférieures au millimètre. Et puis, on a appris peu à peu à le faire et puis à obtenir des résultats tout à fait étonnants en terme de biodiversité dans ces grands fonds. Je pense que cela peut aider d’avoir un intérêt pour tout ce qui est technologie.

En tant que scientifique, vous a-t-on consulté pour avoir votre avis pour la réalisation d’un instrument ?

Oui c’est arrivé. On apprend aussi tout ce qui est navigation, on est forcément amené à apprendre un peu, ne serait-ce que pour communiquer avec le commandant du bateau quand on fait des plongées.