Charlotte COLLYER – 2e classe

Charlotte COLLYER
Domestique, 2e classe

 

Anglaise 31 ans  Embarquement à Southampton 2e classe Rescapée

 

Charlotte Annie COLLYER (de son nom de jeune fille TATE) est née en 1880 à Leatherhead en Angleterre. En 1903, elle épouse Harvey COLLYER. L’année suivante, le couple déménage à Bishopstoke, près de Southampton. Harvey ouvre une épicerie tandis que Charlotte est domestique au service d’un pasteur. En 1904 naît leur fille unique, Marjorie, surnommée Madge.

Charlotte souffre de tuberculose. Encouragé par des amis, le couple décide de s’expatrier aux États-Unis, dans l’Idaho où le climat est meilleur. Ils projettent de se consacrer à la culture fruitière et espèrent que l’Amérique leur apportera une vie meilleure et plus confortable. Harvey COLLYER retire de la banque la totalité de leur pécule.

 

Le couple réserve ses places en 2e classe à bord du Titanic et embarque le 10 avril 1912 à Southampton. Le jour du départ, les fidèles de l’Église se réunissent pour leur dire adieu. En leur honneur, les cloches de l’Église carillonnent.

Pendant la traversée, Charlotte reste dans sa cabine en raison du mal de mer. Le soir du 14 avril, la famille COLLYER dîne dans la salle à manger de 2e classe puis écoute l’orchestre.

« Au dîner, j’étais à ma place dans la salle à manger et j’ai apprécié le repas, bien que je pense qu’il était trop lourd et trop riche. Ce dimanche, aucun effort n’avait été épargné pour donner, même aux passagers de seconde classe, le meilleur dîner qu’ils puissent s’offrir. Après avoir mangé, j’ai écouté l’orchestre pendant un petit moment… »

 

Au moment de la collision, Charlotte discute avec son mari dans leur cabine. Leur fille, Marjorie, dort.

« La sensation que j’ai eue était comme si le navire avait été saisi par la main d’un géant et secoué une fois, deux fois, puis arrêté net dans sa route. »

 

Harvey COLLYER part inspecter le pont du paquebot. Bien qu’il apprenne la collision avec un iceberg, les propos de l’équipage le rassurent. Le couple n’est pas inquiet mais ils entendent de plus en plus de mouvements sur le bateau et décident de s’habiller chaudement et de sortir.

Marjorie est emmitouflée dans une couverture de la White Star Line et ils montent sur le pont des embarcations. Ils laissent leurs effets personnels en cabine pensant y revenir. Charlotte comprend le danger à la vue d’un soutier aux doigts coupés et en sang qui lui hurle que le paquebot va couler. Les canots se remplissent mais Charlotte refuse de quitter son mari. Un matelot empoigne Marjorie et l’installe dans le canot n°14. Charlotte monte à bord à son tour. Harvey COLLYER lui promet de monter sur un autre canot. Il ne survivra pas.

 

Le 21 avril, à New York, Charlotte écrit une lettre à sa belle-mère où elle lui annonce la triste nouvelle.

« Jusqu’à maintenant, je n’ai pas abandonné l’espoir qu’il soit retrouvé mais on m’a dit que tous les canots ont été récupérés. Oh mère, comment puis-je vivre sans lui. Je voulais partir avec lui si on ne m’avait pas arraché Madge. Je serais restée et partie avec lui. »

 

Sans aucune ressource, Charlotte reçoit une aide financière de nombreuses associations. Après avoir brièvement résidé à Payette, leur destination prévue, Charlotte décide de regagner l’Angleterre, en juin 1912. Elle revient avec Marjorie, à Bishopstoke, le village qu’elles avaient quitté 2 mois auparavant.

Charlotte se sent coupable de la mort de son mari, en raison de ses propres ennuis de santé. Elle se remarie peu de temps après.

Charlotte COLLYER meurt d’une tuberculose en 1914.

 

 

En mai 1912, Charlotte COLLYER écrit pour le magazine féminin Semi Monthly Magazine un article intitulé « I was saved from the Titanic ». Cet article lui rapporte la somme de 300 dollars.