Archives – L’Echo des abysses

Année 2019

Méduse Clytia hemisphaerica © (c) Photo Researchers / Dr. D. P. Wilson / Biosphoto
14/04/2019
Le génome de Clytia révèle les origines de la méduse Des équipes de recherche françaises ont décodé le génome d'un plancton : la méduse Clytia hemisphaerica. Elles ont mis en évidence les gènes impliqués dans so...

Des équipes de recherche françaises ont décodé le génome d’un plancton : la méduse Clytia hemisphaerica. Elles ont mis en évidence les gènes impliqués dans son développement, dont certains sont aussi présents chez l’homme, et questionne l’évolution de cette méduse apparue il y a plus de 500 millions d’années.

La plupart des gens associent les méduses à des rencontres désagréables… Comme les coraux, les méduses appartiennent au groupe des cnidaires, une lignée très ancienne d’animaux urticants.

Elles sont également les plus gros organismes du plancton !

Toutes ne sont cependant pas dangereuses : celles du groupe des hydrozoaires ne mesurent généralement pas plus de quelques centimètres et sont pour la plupart inoffensives.

C’est le cas de Clytia hemisphaerica dont le génome a été décodé par des équipes de recherche françaises.

Apparue il y a plus de 500 millions d’années, la méduse Clytia hemisphaerica est présente dans tous les océans, mesurant entre 5 et 20 mm.

Derrière la simplicité de cette espèce (et de nombreuses autres espèces de méduses), se cache un cycle de vie complexe alternant entre trois formes :

  • Une larve nageuse qui se se métamorphose en… 
  • un polype vivant sur le fond des mers, qui génère par bourgeonnement…
  • les méduses nageuses que nous connaissons.

Les chercheurs ont focalisé leur analyse sur la détection des gènes impliqués dans le développement de la forme méduse.

Ils ont ainsi découvert que les méduses réutilisent surtout des gènes anciens,– dont certains bien connus chez d’autres animaux et notamment chez l’homme, régulant le développement embryonnaire.

De plus, il apparaît que certains de ces gènes ne sont pas utilisés au cours de la formation de l’embryon de Clytia mais dans la constitution du système nerveux et des tentacules de la méduse.

Cette étude a été menée par des équipes du Laboratoire de biologie du développement de Villefranche-sur-Mer (Sorbonne Université/CNRS), en collaboration avec l’Institut de biologie Paris-Seine (CNRS/Sorbonne Université), le CEA-Genoscope et l’Université de Vienne et publiée dans Nature Ecology and Evolution le 11 mars 2019.

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Corail bubblegum
12/04/2019
Deux nouvelles espèces de coraux profonds identifiées L'analyse ADN de coraux bubblegum collectés dans le canyon Lydonia a confirmé aux chercheurs de l?Institut Océanographique Woods Hole (WHOI) qu'il...

L’analyse ADN de coraux bubblegum collectés dans le canyon Lydonia a confirmé aux chercheurs de l’Institut Océanographique Woods Hole (WHOI) qu’ils ont bien découvert 2 nouvelles espèces.

Corail bubblegum

Un corail bubblegum (Paragorgia spp.) similaire à la nouvelle espèce identifiée ©NOAA

Le directeur scientifique de l’expédition Tim Shank a déclaré :

« Grâce à des codes barres génétiques continus, nous avons identifié au moins 2 espèces de coraux différentes. 

Elles ne présentent pas suffisamment de similitudes génétiques pour être des espèces actuellement connues. »


Au cours de cette expédition de 2 semaines à bord du sous-marin Nadir, les scientifiques ont prélevé 29 échantillons de corail dans le canyon de Lydonia, situé dans l’océan Atlantique au large des États-Unis, à des profondeurs comprises entre 369 mètres et 903 mètres.

Aucune plongée humaine n’avait été effectuée dans le canyon depuis 1982.


En septembre 2016, Barack Obama a déclaré les canyons et les monts sous-marins au large de la côte Est des États-Unis « Monument National », protégeant ainsi une surface de 13 000 km².

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Corail piquant © La Cité de la Mer/Frédéric Bassemayousse
12/04/2019
Le corail, un animal qui ne vieillit pas Les échantillons de coraux récoltés lors de l?expédition Tara Pacific, qui s?est achevée en octobre 2018, vont permettre d'en apprendre davantage sur ...

Les échantillons de coraux récoltés lors de l’expédition Tara Pacific,  qui s’est achevée en octobre 2018, vont permettre d’en apprendre davantage sur le pouvoir incroyable de cet animal qui ne vieillit pas !

Comment lutter contre le vieillissement ? Les scientifiques ambitionnent d’y remédier en déchiffrant les mécanismes qui permettent au corail de résister à la dégradation des cellules. Son génome, proche de celui de l’être humain, permet d’espérer trouver des pistes d’application en médecine humaine.

Récifs coralliens à Hawaii © Pixabay

Récifs coralliens à Hawaii © Pixabay

Pourquoi nos cellules vieillissent ? Pour se développer, les cellules humaines se divisent. Se faisant, elles se dégradent, jusqu’à ne plus pouvoir se diviser : c’est le processus de vieillissement. Les cellules des coraux, quant à elles, semblent ne jamais s’altérer !

  • Toutes les espèces de coraux ont-elles la même faculté de résister au vieillissement ?
  • Quelle est l’influence de l’environnement sur cette capacité ?
  • Quel rôle jouent les organismes qui vivent en symbiose avec les coraux ?

Grâce aux nombreux échantillons désormais en sa possession, l’équipe de l’Institut de Recherche sur le CANcer et le vieillissement (IRCAN), dirigée par Éric Gilson à l’Université Côte d’Azur, et partenaire de la Fondation Tara, devrait pouvoir répondre à ces questions cruciales.

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La campagne menée par Ocean Gate permettra de réaliser un modèle numérique 3D de l'épave du Titanic et de son champ de débris © Ocean Gate Inc.
10/04/2019
TITANIC : PLONGEZ SUR L’ÉPAVE ! C'est ce que vous propose l'entreprise américaine OceanGate pour environ 100 000 euros ! Dès juin 2019, elle emmènera des "citoyens explorateurs",...

C’est ce que vous propose l’entreprise américaine OceanGate pour environ 100 000 euros ! Dès juin 2019, elle emmènera des « citoyens explorateurs », à bord d’un sous-marin, explorer l’épave du paquebot Titanic, qui a sombré au fond de l’Atlantique, il y a 107 ans.

Après une première expédition prévue en mai 2018 puis annulée, OceanGate renouvelle son opération Titanic Survey Expedition de juin à août 2019. Ses objectifs :

  • évaluer l’état de délabrement de l’épave, rongée par une bactérie,
  • recueillir des images et des données afin de la modéliser,
  • étudier la faune et la flore qui habitent l’épave.

L’équipage composé d’une trentaine de personnes (pilotes, experts…) sera rejointe par des « citoyens explorateurs » fortunés qui auront la chance de plonger sur l’épave à bord du sous-marin Titan.

Après 90 minutes de descente pour atteindre l’épave et son champ de débris qui reposent par 3 800 mètres de fond, le sous-marin explorera le site durant 3 heures.

Mais le voyage ne sera pas de tout repos puisque les touristes sélectionnés devront aider activement l’équipage dans leurs missions (navigation, sonar, photographie, planification des plongées…)

La proue (partie avant) de l'épave du Titanic © RMS Titanic, Inc.

La proue (partie avant) de l’épave du Titanic © RMS Titanic, Inc.

Six missions (et 18 plongées sur l’épave) sont déjà planifiées entre juin et août 2019 et elles sont presque déjà toutes complètes !

Pour vous inscrire, c’est par ici : http://www.titanicsurveyexpedition.com/

Pour en savoir plus le Titanic, cliquez ici

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10/04/2019
Les abysses contaminés par les microplastiques Des scientifiques ont découvert des microplastiques dans le système digestif de minuscules créatures vivant dans six des plus profondes fosses océan...

Des scientifiques ont découvert des microplastiques dans le système digestif de minuscules créatures vivant dans six des plus profondes fosses océaniques du Pacifique.

Les prélèvements ont été effectués sur des amphipodes, minuscules crustacés des abysses, ressemblant à des crevettes, récoltés entre 2008 et 2017, par des pièges posés au fond des océans à l’aide de robots sous-marins.

L’étude britannique, parue dans la revue Royal Society Open Science, révèle que:

  • 80 % des animaux analysés contiennent des microplastiques.
  • Ces matières sont plastiques et synthétiques : nylon, polyéthylène, polyamide, de l’alcool polyvinylique ou encore du polychlorure de vinyle, etc.
  • 66 % des particules de plastique trouvées sont des fibres bleues.
  • Les fibres synthétiques sont vraisemblablement issues des fibres textiles rejetées avec les eaux usées des machines à laver.

Plus aucun écosystème n’échappe à la pollution plastique. Selon Alan Jamieson, biologiste marin à l’Université de Newcastle et auteur principal de l’étude :

Le prochain défi des scientifiques sera de déterminer les conséquences de l’ingestion des microplastiques par des minuscules organismes sur l’ensemble de la chaîne alimentaire.

Amphipodes_Eurythenes gryllus © Naturmuseum Senckenberg, Frankfurt am Main, Germany

L’amphipode, ce minuscule crustacé des abysses ingère des particules de plastique © Naturmuseum Senckenberg, Frankfurt am Main, Germany

Des études précédentes avaient démontré une contamination des océans par les microplastiques, avec des pourcentage plus faibles, mais la plupart concernaient essentiellement la surface.

Or, il apparaît que plus les fosses sont profondes, plus on trouve de microplastiques !

Sac plastique flottant dans l'océan © Ben Mierement, NOAA Photo Library

Sac plastique flottant dans l’océan © Ben Mierement, NOAA Photo Library

Dans la fosse des Mariannes, profonde de près de 11 km, les scientifiques ont trouvé des fibres dans 100 % des échantillons d’amphipodes recueillis.

Une grande partie des centaines de millions de tonnes de plastique produites chaque année est rejetée dans l’océan et se désagrège en milliards de particules flottantes. Leur sort semble inéluctable :  une fois que les particules de plastique s’enfoncent dans les profondeurs, elles n’ont plus nulle part où aller.

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Image satellite d'une efflorescence algale © Norman Kuring, NASA’s Ocean Color Group
10/04/2019
La couleur des océans pourrait changer d’ici la fin du siècle ! En imaginant une augmentation des températures jusqu'à 3°C, il semblerait que d'ici 2100, plus de 50% des surfaces océaniques auront changé de coule...

En imaginant une augmentation des températures jusqu’à 3°C, il semblerait que d’ici 2100, plus de 50 % des surfaces océaniques auront changé de couleur en raison du réchauffement climatique !

Pour être plus précis, le bleu et le vert des océans devraient prendre des nuances plus ou moins intenses selon les régions océaniques :

  • Les régions subtropicales seront plus bleues qu’aujourd’hui en raison de la baisse des populations de phytoplancton.
  • À l’inverse, les régions Arctique et Antarctique apparaîtront plus vertes en raison d’une activité phytoplanctonique plus intense : la hausse des températures y favorisant le développement de ces micro-organismes.

L’équipe de chercheurs anglo-américaine (MIT, Université de Californie, Université de Southampton) estime que même si cela ne sera pas visible à l’oeil nu, cela pourrait être très grave. C’est ce qu’explique l’une des responsables de cette étude, Stephanie Dutkiewicz (MIT)

« Différents types de phytoplancton absorbent différemment la lumière, et si les changements climatiques déplacent une communauté de phytoplancton vers une autre, cela changera également les types de réseaux alimentaires qu’ils peuvent supporter ».


Mais pourquoi la mer est-elle bleue ?

La mer nous apparait bleue car les molécules d’eau absorbent à elles seules presque toutes les longueurs d’onde de la lumière solaire, à l’exception de la partie bleue du spectre, qui est réfléchie.

Certains micro-organismes qui peuplent l’océan, comme le phytoplancton, contiennent un pigment vert, la chlorophylle. Ce pigment absorbe davantage les parties bleues que les parties vertes du spectre.

Ainsi, lorsqu’il y a beaucoup de phytoplancton (donc de chlorophylle), la surface de l’océan nous apparaît avec une teinte plus verte.

L’équipe de chercheurs anglo-américaine estime qu’il est difficile de distinguer les variations de chlorophylle dues à un phénomène naturel (comme un épisode d’El Niño), ou celles consécutives au réchauffement climatique.

Ils ont donc mis au point un modèle informatique prenant en compte différents critères, comme l’évolution même du phytoplancton, les courants océaniques et surtout les longueurs d’onde spécifiques de la lumière absorbée et réfléchie par l’océan, en fonction de la quantité de phytoplancton dans une région donnée.

Cette étude du MIT, de l’Université de Californie et de l’Université de Southampton, a été publiée en février 2019, dans la revue américaine Nature Communications.

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Nouvelle espèce fosse de Java
10/04/2019
Five Deeps : plongée humaine record dans la fosse de Java Le 5 avril 2019, l?explorateur américain Victor Vescovo a atteint le point le plus profond de la fosse de Java à bord du sous-marin Limiting Fac...

Le 5 avril 2019, l’explorateur américain Victor Vescovo a atteint le point le plus profond de la fosse de Java à bord du sous-marin Limiting Factor à plus de 7 000 mètres de profondeur.

En atteignant 7 192 mètres de profondeur, à bord du sous-marin Limiting Factor, Victor Vescovo devient le premier homme à plonger aussi profondément dans la fosse de Java, située dans l’océan Indien.

Cette plongée record a aussi été l’occasion de filmer des espèces inconnues comme un escargot de mer et un animal gélatineux de la famille des ascidies.

Le directeur scientifique de l’expédition, le Dr Jamieson, a déclaré :

«  parmi de nombreuses autres observations rares et uniques, la découverte de l’ascidie a été un moment très important. Ce n’est pas souvent que nous voyons quelque chose de si extraordinaire qui nous laisse sans voix. Pour l’instant, nous ne savons pas exactement de quelle espèce il s’agit, mais nous le saurons en temps voulu. »


Il s’agit de la 3e plongée de l’expédition Five Deeps Expedition  dont l’objectif est d’explorer 5 grandes fosses océaniques réparties dans les 5 océans,  de cartographier de manière très précise ces zones et d’étudier la vie dans ces écosystèmes méconnus !

Le sous-marin Limiting Factor

Le sous-marin Limiting Factor prêt à plonger dans le fosse de Java ©Five Deep Expedition

En décembre 2018, Victor Vescovo a atteint la profondeur de 8 648 mètres dans la fosse de Porto Rico dans l’océan Atlantique. Le 4 février 2019, il a franchi une nouvelle étape en réalisant la 1re plongée humaine dans la fosse des Îles Sandwich du sud, dans l’océan Antarctique, à 7 433.6 m de profondeur !

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Bouche hydrothermale. Site de Pescadero©Schmidt Ocean Institute
01/04/2019
Un écosystème unique découvert dans un champ de sources hydrothermales Les équipes du Schmidt Ocean Institute (SOI) et du Monterey Bay Aquarium Research Institute (MBARI) ont récemment découvert dans le bassin de Pesc...

Les équipes du Schmidt Ocean Institute (SOI) et du Monterey Bay Aquarium Research Institute (MBARI) ont récemment découvert dans le bassin de Pescadero (sud du Golfe de Californie) un nouveau champ de sources hydrothermales abritant un écosystème unique.

Baptisé Jaich Maa, le nouveau champ de cheminées hydrothermales a été découvert à 3 800 mètres de profondeur, grâce à une cartographie précise effectuée par l’un des robots sous-marins autonomes du navire océanographique R/V Falkor.

Les sources hydrothermales se forment généralement le long des dorsales médio-océaniques et se caractérisent par des cheminées qui expulsent un fluide extrêmement chaud, qui peut atteindre 300°C, et la vie autour y est souvent abondante.

Le site de Jaich Maa se compose de plusieurs monticules de calcites hydrothermaux dont certains vont jusqu’à 25 mètres de hauteur. Il est extraordinaire avant tout parce qu’il abrite des espèces jusqu’alors inconnues, mais aussi parce que des comportements nouveaux y ont été observés !


L’exploration du site de Pescadero et son écosystème en vidéo (on y voit notamment une étonnante interaction entre 2 vers à écailles !) :

Parmi les espèces connues, certaines semblent dominer :

  • les vers tubicoles Oasisia,
  • les anémones (observées en plus grand nombre que sur les autres sites connus),
  • les vers à écailles bleues

Les scientifiques ont en outre réussi à trouver un spécimen de ver tout particulièrement recherché. Il s’agit de Xenoturbella (probablement l’un de nos plus lointains ancêtres). L’analyse de l’ADN de cet organisme permettra non seulement d’en apprendre davantage sur leur nature et leur mode de vie, mais aussi sur la structure de l’arbre de vie des animaux.

Des recherches vont également porter sur la singulière coloration bleutée de microbes observés sur le site.

À voir : Une présentation de leurs découvertes par les chercheurs


Convaincus qu’une grande partie des découvertes est encore à venir, l’équipe du SOI, nous rappelle que plus de 90 % du plancher océanique n’a pas encore été exploré…

+ d’info sur le site de l’expédition

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One breath around the world©Guillaume Néry
27/03/2019
En immersion dans l’océan avec l’apnéiste Guillaume Néry Début février 2019, le double champion du monde de plongée en apnée, Guillaume Néry, a mis en ligne sur les réseaux sociaux, un court métrage sous-marin à c...

Début février 2019, le double champion du monde de plongée en apnée, Guillaume Néry, a mis en ligne sur les réseaux sociaux, un court métrage sous-marin à couper le souffle : One breath around the world (Un souffle autour du monde).

Un film qui nous emmène avec lui dans une fascinante plongée de 12 mn au cœur des océans du monde entier : depuis la plage de Nice, dont le plongeur est originaire, au large de l‘île Maurice, du Mexique, des Philippines, du Japon, de la Finlande et de la Polynésie française

« Eteignez la lumière, mettez vos écouteurs et plongez en apnée avec moi dans le monde entier. »

C’est sa compagne, Julie Gautier, apnéiste et réalisatrice, qui a capturé les images éblouissantes de son exploration sous-marine : solitaire, arpentant les fonds marins avec une apparente facilité, il découvre des reliefs escarpés, des plafonds de glace ou encore des paysages désolés.

Partez à la rencontre des pêcheurs en apnée,  des requins ou au milieu des cachalots, immobiles, à la verticale, qui sommeillent…

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L'André Malraux, navire de recherche archéologique du DRASSM © Tounoki (Own work) [CC BY-SA 4.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], via Wikimedia Commons
21/03/2019
Une mystérieuse épave au large de Brest Alors qu'ils étaient à la recherche du navire-amiral La Cordelière, construit sur ordre d?Anne de Bretagne et coulé par les anglais en 1512, les arc...

Alors qu’ils étaient à la recherche du navire-amiral La Cordelière, construit sur ordre d’Anne de Bretagne et coulé par les anglais en 1512, les archéologues du DRASSM ont découvert au large de Brest, une épave non identifiée.

La campagne de fouilles sous-marines entreprise par la Région Bretagne, le DRASSM et leurs partenaires (ENSTA Brest, IFREMER, LIRMM, SHOM) a permis de localiser une nouvelle épave qui est selon Michel L’Hour :

un jalon important de la construction navale en Europe entre le 14e et le 16e siècles

Une 2e campagne d’exploration est programmée en juin 2019 : des plongées d’archéologues et la mise à l’eau de robots performants permettront d’en savoir plus sur cette épave baptisée sud-minou 1, en référence à la position géographique de l’épave qui repose à 50 mètres de fond.

Huile sur toile peinte en 1838 représentant le Combat de La Cordelière contre le navire anglais Le Régent, en 1512, au large de Saint-Mathieu. © Musée des beaux-arts de Brest

Huile sur toile peinte en 1838 représentant le Combat de La Cordelière contre le navire anglais Le Régent, en 1512, au large de Saint-Mathieu. © Musée des beaux-arts de Brest

L’absence de pièce d’artillerie et la poterie retrouvée à l’intérieur permettent de penser qu’il s’agirait d’un navire marchand, probablement de la même époque que La Cordelière et Le Régent.

D’environ 30 mètres de long sur 20 mètres de large, l’épave avait déjà été repérée en 1975, comme le révèle les archives du Shom (Service hydrographique de la marine), sans pour autant faire l’objet d’identification.

La campagne prévue en juin prochain permettra également de poursuivre les recherches sur les épaves de la Cordelière et du Régent. Long de 40 mètres, la Cordelière avait été construit sur ordre de la duchesse Anne de Bretagne. Il a sombré le 10 août 1512 au terme d’un affrontement avec le Régent, navire amiral de la flotte anglaise.

Une 3e campagne d’exploration est déjà prévue en 2020.

Découvrez l’interview de Michel L’Hour, directeur du DRASSM à propos de la Mission Cordelière en juin 2018:

Mission Cordelière from Région Bretagne on Vimeo.


Suivre l’actualité de la Mission Cordelière ici.

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The Great Blue Hole : Le Grand Trou Bleu est un cénote sous-marin situé au large de la côte du Belize, en Amérique centrale © U.S. Geological Survey (USGS)
12/03/2019
Fabien Cousteau explore le Grand Trou Bleu du Belize En décembre 2018, une équipe d?océanographes, dont Fabien Cousteau (le petit-fils de l?explorateur Jacques-Yves Cousteau) et le milliardaire Richa...

En décembre 2018, une équipe d’océanographes, dont Fabien Cousteau (le petit-fils de l’explorateur Jacques-Yves Cousteau)  et le milliardaire Richard Branson sont partis explorer le Grand Trou Bleu, The Great Blue Hole, au large du Belize (Amérique centrale) et en ont établi la toute première cartographie 3D.

Le Grand Trou Bleu est un cénote, c’est-à-dire un gouffre rempli d’eau douce et/ou d’eau de mer. Protégé par la barrière de corail du Belize, il fait partie du Récif Lighthouse , classé au patrimoine Mondial de l’Unesco en 1996. C’est Jacques-Yves Cousteau qui l’a fait connaître en 1971.

Depuis, le Blue Hole, d’un diamètre d’environ 300 mètres et d’une profondeur de 124 mètres, a très peu été exploré. Et c’est près de 50 ans après son grand-père que Fabien Cousteau s’est lancé dans cette fabuleuse expédition.

L’interview de Fabien Cousteau sur France Info le 25/01/2019:

Grâce au sous-marin Stingray de la société canadienne Aquatica Submarines qui a dirigé l’expédition, et au sous-marin Idabel du Roatan Institute of Deepsea Exploration (R.I.D.E.), l’équipe a pu atteindre ses objectifs :

  • Explorer entièrement le Blue Hole,
  • Filmer et photographier le gouffre,
  • Réaliser une carte 3D haute résolution du trou bleu,
  • Collecter des données scientifiques,
  • Sensibiliser le public à la protection des océans.

Vingt plongées auront été nécessaires afin d’accomplir ces missions. L’une de ces plongées, dirigée par le pilote de sous-marin Erika Bergman, avec Fabien Cousteau et Richard Branson, a été diffusée en janvier 2019 sur Discovery Channel : Blue Hole: plongée vers l’inconnu.

Le sous-marin Stingray © Aquatica Submarines_Thomas-Bodhi-Wade

Le sous-marin Stingray, comme une bulle d’air sous l’eau qui permet une vision à 360° © Aquatica Submarines_Thomas-Bodhi-Wade

À bord du sous-marin transparent, les explorateurs ont notamment pu observer des stalactites et des stalagmites à des profondeurs comprises entre 40 et 50 mètres. Celles-ci se sont formées lorsque le niveau de la mer était plus bas de 100 mètres et que le Grand Trou Bleu était une grotte sèche, il y a environ 14 000 ans.

« On a vu des animaux uniques. Certains sont normalement dans des profondeurs bien plus élevées, 500 mètres ou même plus… » (Fabien Cousteau)

Ils ont également dû passer au travers d’une épaisse couche de sulfure d’hydrogène. Une expérience singulière : la couche descend à environ 90 mètres, coupant toute la lumière provenant de la surface.

Arrivé au fond, les explorateurs ont constaté que le sol était jonché de bouteilles de plastique mais aussi de centaines de conques mortes, « qui sont vraisemblablement tombées dans le trou et ont été incapables de s’échapper des murs escarpés ou de survivre longtemps sans oxygène », explique Erika Bergman.


Un documentaire sur l’exploration, réalisé par INE Entertainment, devrait paraître au printemps 2019.

Lisez le récit de cette aventure sur  le blog de Richard Branson!

 

 

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Le sous-marin chinois Jiaolong
06/03/2019
Le sous-marin chinois JIAOLONG, version améliorée En juillet 2019, le sous-marin habité chinois Jiaolong, plongera dans la fosse des Mariannes, avec de nouvelles fonctionnalités. C'est ce qu'a a...

En juillet 2019, le sous-marin habité chinois Jiaolong, plongera dans la fosse des Mariannes, avec de nouvelles fonctionnalités. C’est ce qu’a annoncé le 14 février dernier Ding Zhongjun, ingénieur en chef adjoint au Centre National de l’Océan Profond (National Deep Sea Centre).

Le Jiaolong a rejoint son nouveau navire-mère,  le Shenhai Yihao (Mers Profondes N° 1), navire océanographique spécialement conçu pour l’accueillir et accroître ses capacités de plongée.

Après avoir quitté, fin 2017, son ancien navire support, le Xiangyanghong 09, le Jiaolong a subi 1 an de révision technique et de mise à niveau et présente désormais de nouvelles fonctionnalités :

  • le rayon de travail effectif de son bras mécanique a été accru d’environ 30 centimètres ;
  • sa capacité d’échantillonnage a été renforcée ;
  • la précision du système de contrôle et l’efficacité de la collecte d’objectifs ont été optimisés.

À partir de juillet 2019, le nouveau navire-mère du Jiaolong, testera les performances de son sous-marin en procédant à des essais d’adaptation en mer, pendant environ 40 jours.

Dix plongées par 7 000 mètres de profondeurs sont planifiées afin de tester les nouveaux équipements du Jiaolong.

Puis, le sous-marin plongera dans la fosse des Mariannes. Ce ne sera pas la première fois qu’il explore cette zone abyssale. En 2012 il avait établi le record de plongée national en atteignant la profondeur de 7 062 mètres.

Cliquez ici pour accéder à la fiche pédagogique sur le Jiaolong

Cliquez ici pour accéder à la fiche pédagogique sur le Jiaolong (version pour les + jeunes)

 

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Ctenophore Callianira bialata © Linda Ianniello
27/02/2019
PLANCTON : une nouvelle découverte Une nouvelle étude sur le plancton marin révèle le rôle méconnu d'un organisme planctonique dit "mixotrophe" dans le processus de production d'oxygène ...

Une nouvelle étude sur le plancton marin révèle le rôle méconnu d’un organisme planctonique dit « mixotrophe » dans le processus de production d’oxygène de la planète.

Le plancton a toujours été décrit comme étant constitué de 2 groupes : le zooplancton (plancton animal) et le phytoplancton (plancton végétal).

Une étude parue en février 2019, qui exploite les données de séquençage ADN de plancton récolté lors de l’expédition Tara Oceans entre 2009 et 2013,  révèle qu’en réalité il existe une grande quantité de plancton, ni animal, ni végétal, qu’on appelle « plancton mixotrophe ».

Mais qu’est ce que le plancton mixotrophe ? C’est un organisme planctonique qui mixe… il utilise à la fois la photosynthèse (comme le phytoplancton) pour se nourrir, et ingère également d’autres organismes (comme le zooplancton), selon les conditions dans lesquelles il se trouve.

>>> Zoom sur le plancton et la photosynthèse

Jusqu’à aujourd’hui, les chercheurs estimaient que le plancton mixotrophe représentait une portion infime du plancton. Mais celui-ci serait plus répandu qu’ils ne l’imaginaient.

Cette découverte remet en question la traditionnelle opposition zooplancton/phytoplancton. Mais surtout elle interroge sur l’importance de son rôle aux côté du phytoplancton, comme producteur d’oxygène sur la planète.

Selon Émilie Faure, l’une des auteurs de l’étude, l’extraordinaire capacité d’adaptation du plancton mixotrophe et sa distribution dans tous les océans de la planète ouvre de nouvelles perspectives pour une meilleure compréhension du cycle du carbone dans les océans.


Pour en savoir plus sur le plancton, consultez notre dossier thématique Planète plancton.

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L’épave de l’USS Hornet © Navigea Ltd, R/V Petrel
21/02/2019
L’épave de l’USS Hornet retrouvée L'épave du porte-avions américain USS Hornet, coulé le 26 octobre 1942 par la marine japonaise, a été découverte en janvier 2019, au large des îles Salo...

L’épave du porte-avions américain USS Hornet, coulé le 26 octobre 1942 par la marine japonaise, a été découverte en janvier 2019, au large des îles Salomon, dans l’océan Pacifique, par l’entreprise Vulcan, une société créée par le cofondateur de Microsoft, Paul Allen.

Après s’être distingué en 2017 en découvrant l’épave du navire USS Indianapolis, coulé en 1945 au cours de la Guerre du Pacifique, c’est à nouveau le R/V Petrel, navire spécialisé dans la recherche d’épaves, qui a permis la découverte du porte-avion USS Hornet, par 5 400 mètres de profondeur.

Afin de délimiter un périmètre de recherche les équipes du R/V Petrel ont étudié des journaux de bord et des rapports de 9 autres navires engagés dans la bataille des îles Santa Cruz, pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le sous-marin autonome du R/V Petrel a repéré l’épave dès sa 1re plongée et un autre véhicule télécommandé a confirmé l’identité du porte-avion en capturant de belles images sous-marines.

Le R/V Petrel et son robot sous-marin autonome Bluefin © Navigea Ltd, R/V Petrel

Le R/V Petrel et son robot sous-marin autonome Bluefin © Navigea Ltd, R/V Petrel


Mis en service en octobre 1941, l’USS Hornet (CV 8) était le troisième porte-avions d’une classe débutée avec l’USS Yorktown (CV 5) et l’USS Enterprise (CV 6).

Long de 251 mètres et large de 35 mètres, l’USS Hornet pouvait embarquer plus de 70 avions et 2 900 marins.

Avant de terminer sa célèbre mais courte carrière au fond de l’océan, le porte-avions américain s’était notamment illustré dans le fameux raid de Doolitlle , le premier bombardement aérien sur le sol japonais en avril 1942, ainsi que dans la Bataille de Midway, en juin 1942.

En octobre 1942, il rejoint les îles Santa Cruz pour son dernier combat. Irrémédiablement endommagé, l’USS Hornet est abandonné avant d’être coulé par deux destroyers japonais.

L’USS Hornet pendant le raid de Doolittle (avril 1942) © US Navy

L’USS Hornet pendant le raid de Doolittle (avril 1942) © US Navy

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Le sous-marin
08/02/2019
L’épave du sous-marin Minerve recherchée 51 ans après sa disparition Disparu lors d'un exercice au large de Toulon le 27 janvier 1968, le sous-marin français la Minerve avait fait l'objet de 2 campagnes de reche...

Disparu lors d’un exercice au large de Toulon le 27 janvier 1968, le sous-marin français la Minerve avait fait l’objet de 2 campagnes de recherche infructueuses dans les années 1970. Le 5 février 2019, Florence Parly, la ministre des armées a annoncé la reprise des recherches.

L’opération sera menée par la Marine nationale avec le concours de l‘Ifremer (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer) et du Shom (Service Hydrographique et Océanographique de la Marine).

La Minerve a sombré au large du Cap Sicié (sud de la France) le 27 janvier 1968 faisant 52 morts.

Afin de localiser l’épave, qui reposerait par plus de 2 000 mètres de fond, des équipements de haute technologie vont être déployés dans le cadre d’une campagne qui se déroulera en 2 étapes :

  • La première en février 2019, avec des essais techniques conduits par le navire océanographique Pourquoi pas ? équipé de sondeurs multifaisceaux, des drones sous-marins et du sous-marin habité Nautile.
Mise à l'eau du Nautile © Ifremer

Mise à l’eau du Nautile © Ifremer

  • La seconde phase en juillet 2019 avec des conditions météorologiques plus favorables. Les opérations seront menées avec l’Antéa, navire océanographique de 36 mètres.

En octobre 2018, après 50 ans de silence, les familles des disparus de la Minerve avaient lancé un appel afin que les recherchent reprennent.

Malgré les progrès technologiques en matière de recherche d’épave et les moyens déployés, la ministre des armées tient tout de même à souligner que cette opération reste « complexe et sans certitude d’aboutir ».


Le bathyscaphe Archimède avait participé de septembre à octobre 1968 puis d’octobre à novembre 1969 et enfin d’avril à mai 1970, à la campagne REMINER afin de localiser l’épave de la Minerve.

Équipé d’un sonar Straza qui lui permettait de repérer les obstacles dans un rayon de 1000 mètres, il avait effectué 18 plongées sur zone, hélas sans succès.

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Sub-of-South-Georgia-Island-c-Caladan-Oceanic ©Caladan Oceanic
04/02/2019
Five Deeps, 1re plongée humaine dans la fosse des Îles Sandwich du sud (océan Antarctique) Fin 2018 débutait Five Deeps, une expédition inédite pour explorer 5 fosses océaniques. Le 4 février 2019, elle a franchi une nouvelle étape en réalisant ...

Fin 2018 débutait Five Deeps, une expédition inédite pour explorer 5 fosses océaniques. Le 4 février 2019, elle a franchi une nouvelle étape en réalisant la 1re plongée humaine dans la fosse des Îles Sandwich du sud, dans l’océan Antarctique, à 7 433.6 m de profondeur !

Victor Vescovo indique à l'équipe d'expédition l'itinéraire proposé pour plonger au niveau de la fosse des îles Sandwichs du Sud ©Caladan Oceanic

Victor Vescovo indique à l’équipe d’expédition l’itinéraire proposé pour plonger au niveau de la fosse des îles Sandwichs du Sud ©Caladan Oceanic

Après avoir accompli une 1re plongée historique à bord du submersible Limiting Factor ,au fond de la fosse de Porto Rico, le point le plus profond de l’océan Atlantique, l’explorateur Victor Vescovo poursuit son objectif. Il devient ainsi  le premier humain à atteindre le point le plus profond de l’océan Austral ; dans  la fosse des Îles Sandwich du Sud.  Devant cet exploit, il a déclaré :

« C’était une plongée extrêmement difficile techniquement, mais (…) nous avons pu visiter le fond de l’océan Austral pour la toute première fois. (…) C’était aussi génial de prouver la capacité technique du sous-marin à effectuer une plongée habitée dans une zone hadale, ce qui n’a jamais été fait auparavant – ou même tenté à notre connaissance. C’était un grand jour pour la science et l’ingénierie ».

Conçu par Triton Submarines, le sous-marin a glissé verticalement à grande vitesse dans la colonne d’eau pour emmener son passager au fond de la fosse en un peu moins de 3h. Il est équipé d’instruments permettant l’échantillonnage, ainsi que d’un système de sonar multifaisceaux conçu pour cartographier le plancher océanique.

Five Deeps poursuit prochainement son exploration dans la fosse de Java, le point le plus profond de l’océan Indien !

En attendant le film consacré à cette expédition, de très belles photos sur le site web de Five Deeps.

 

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Le volcan Anak Krakatau © Image copyright DigitalGlobe
02/01/2019
Tsunami en Indonésie En Indonésie, l'éruption du volcan Anak Krakatau situé dans le détroit de la Sonde a provoqué un tsunami le samedi 22 décembre 2018. La vague a été estimée ...

En Indonésie, l’éruption du volcan Anak Krakatau situé dans le détroit de la Sonde a provoqué un tsunami le samedi 22 décembre 2018. La vague a été estimée jusqu’à 1,5 mètre selon les endroits.

Le raz-de-marée a frappé l’extrémité occidentale de l’île de Java (les districts de Pandeglang et Serang, Province de Banten) et le sud de l’île de Sumatra (district de Lampung Selatan, Province de Lampung) provoquant la mort de centaines de personnes et en blessant des milliers.

Selon les agences indonésiennes de météorologie, climatologie et géologie (BMKG) et de gestion des catastrophes (BNPB), le tsunami aurait été provoqué par un glissement de terrain sous-marin lié à l’activité du volcan Anak Krakatau conjuguée à la marée haute.

Le tsunami aurait été provoqué par un glissement de terrain sous-marin lié à l’activité du volcan Anak Krakatau © Image Google Earth

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