Vers des expériences sous-marines d’extraction d’hydrate de méthane

20/05/2009

Au fond des océans, à haute pression et basse température, la formation d’hydrate de méthane, composé solide instable, résulte essentiellement de la décomposition de matières organiques. Il prend la forme d’une « cage de glace » dans laquelle le méthane reste piégé. Il est considérés comme une source d’énergie de prochaine génération. Sur notre planète, les fonds marins et pergélisols contiendraient quelque 10.000 milliards de tonnes d’hydrate de méthane, soit deux fois les réserves de pétrole, gaz naturel et charbon confondus. Comme il est dispersés dans les sédiments, il ne peut pas être extrait par forage conventionnel, et les techniques d’exploitation et d’acheminement doivent encore être développées. On estime que la quantité de cette ressource dans la mer autour du Japon équivaut à 100 années de consommation nationale de gaz naturel.

Dans le cadre du « Programme de promotion de l’exploitation de l’hydrate de méthane », soutenu depuis 2001 par le METI (Ministère Japonais de l’Industrie), l’AIST (National Institute of Advanced Industrial Science and Technology) et la JOGMEC (Japan Oil, Gas and Metals National Corporation) se lanceront prochainement dans des expériences en mer d’extraction de ce composé organique.

La première phase de ce programme de recherche (2001-2008) avait pour objectif d’identifier des champs sous-marins potentiels et d’évaluer leurs ressources. Pendant la deuxième phase (qui durera sept ans à partir de 2009) deux expériences en mer sont prévues en 2012 et en 2014. Elles auront lieu dans la zone du « Nankai Trough », une zone de subduction qui s’étend au large de la région de Tokai et celle de Miyazaki (dans le Pacifique, au Sud du Japon) et qui a été identifiée comme en contenant une grande quantité.

En préparation de ces expériences, l’AIST a mis en place, le 1er avril de cette année, un nouveau Centre de Recherche de l’Hydrate de méthane, qui regroupe le MHL (Methane Hydrate Research Laboratory) du Centre de Hokkaido et le Centre de Tsukuba. Il a pour mission la recherche et le développement d’une technologie d’extraction sûre et stable de gaz naturel en grande quantité à partir d’hydrate de méthane, afin d’atteindre le niveau de commercialisation.
La JOGMEC, quant à elle, est un leader en matière de technologies liées à l’extraction de l’hydrate de méthane. Elle avait réussi, en 2008, une extraction continue sur le continent grâce à un procédé qui consiste à réduire la pression du puits d’hydrate de méthane pour obtenir du méthane de façon efficace. Elle envisage de confirmer ses technologies en mer et de mettre au point une méthode qui empêche le dégagement de méthane dans l’air lors de l’extraction, car ce gaz a un effet de serre plus grand que celui du dioxyde de carbone.

Dans le cadre du « Programme sur l’exploitation de l’énergie marine et des ressources marines », adopté en mars 2009, le Gouvernement japonais a fixé la date de la fin du développement de technologies nécessaires pour la commercialisation des ressources marines dont l’hydrate de méthane, à la fin de l’année fiscale 2018, soit en mars 2019. On prévoit que les problèmes en matière d’énergie seront incontournables à moyen et long terme. Devant cette situation, on attend beaucoup de la commercialisation de la production d’hydrate de méthane qui pourrait être disponible au Japon.

Source : BE Japon numéro 501 (18/05/2009) – Ambassade de France au Japon / ADIT
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/59107.htm