RMS Titanic Inc. demande à récupérer la station Marconi

29/02/2020
La proue du Titanic filmée début août 2019 © Atlantic Productions

RMS Titanic Inc. demande l’autorisation d’un tribunal fédéral américain pour récupérer, dans l’épave du Titanic, les équipements de la salle radio Marconi.

La mission est prévue en août prochain mais la juge américaine du Tribunal fédéral de Norfolk (Virginie), Rebecca Beach Smith, a repoussé, lors de l’audience du 20 février, sa décision à une date ultérieure.

Localisation de la salle radio Marconi © National Maritime Museum, Greenwich, UK.

Localisation de la salle radio Marconi © National Maritime Museum, Greenwich, UK.

Lors de cette audience, ont témoigné notamment :

  • David Gallo, ancien de l’Institut Océanographique américain Woods Hole aujourd’hui consultant pour RMS Titanic Inc., déclare que le sauvetage des équipements de la station Marconi n’est pas un « pillage de tombe mais un moyen de relier les gens à l’héritage du navire et d’honorer ses passagers. ». Il ajoute dans un entretien au Boston Globe :

C’est une machine emblématique. C’était la voix du Titanic.

  • Paul-Henri Nargeolet, Directeur du programme de recherches sous-marines pour Premier Exhibitions, RMS Titanic Inc. et ancien responsable des engins sous-marins de l’Ifremer (Nautile…) explique :

Si nous attendons trop, le toit au-dessus de la station – qui a déjà commencé à se perforer – risque de s’effondrer.

  • De leur côté, les avocats de l’Institut océanographique américain NOAA ont indiqué que cette opération est contraire aux ordonnances antérieures du tribunal qui interdisent à RMS Titanic Inc. de percer ou de récupérer des objets à l’intérieur de l’épave.
  • Tandis que le procureur fédéral Kent P. Porter enfonce le clou :

Il semble évident qu’il ne s’agit pas simplement d’une demande « unique » mais d’ouvrir une brèche pour d’autres récupérations d’objets localisés à l’intérieur de l’épave.

Harold Bride à son poste de travail dans la salle radio du Titanic. © Davison & Associates Ltd/Fr.fm Browne SJ Collection

Harold Bride à son poste de travail dans la salle radio du Titanic. © Davison & Associates Ltd/Fr.fm Browne SJ Collection

La récupération de ces équipements implique que RMS Titanic Inc. enlève une partie du toit pour accéder à la station radio.

En 1912, elle se composait de 3 petites pièces contiguës et communicantes séparées par des murs qui ont aujourd’hui disparus :

  • une cabine de repos pour les opérateurs, équipée d’une couchette.
  • une pièce dite « silent room » (« salle silencieuse ») qui contenait l’émetteur principal type Marconi relié au moyen de fils, au manipulateur morse de type « pioche »  situé dans la salle radio.
  • au centre, la salle radio, dite aussi « salle Marconi », avec la table de travail des opérateurs ainsi que leurs équipements.

RMS Titanic Inc. prévoit d’utiliser comme point d’entrée une lucarne située au plafond de la salle radio, permettant à un robot téléopéré (ROV) d’accéder à l’intérieur du navire pour récupérer l’équipement Marconi situés dans la « salle silencieuse ».

Suite à cette audience, RMS Titanic Inc. va revoir son plan d’intervention sur l’épave pour le rendre moins intrusif.

Ses avocats vont également déposer une motion pour modifier l’ordonnance de juillet 2000 qui stipule que rien ne peut être coupé ou détaché de l’épave.

Pour l’instant, aucune nouvelle date d’audience n’a été fixée.


Depuis 1987, RMS Titanic Inc., basé à Atlanta, est désigné comme régisseur exclusif de l’épave du Titanic. Cela signifie qu’il est le seul habilité à prélever des objets dans le champ de débris.

Ainsi, entre 1987 et 2004, 5 500 objets y ont été récupérés : du modeste bibelot à l’énorme morceau de coque de 20 tonnes…

Des missions réalisées en coopération avec les Instituts océanographiques français Ifremer avec le sous-marin Nautile ou russe P.P. Shirshov Institute of Oceanology avec les sous-marins Mir-1 et Mir-2.

Le sous-marin Mir lors d'une plongée sur l'épave du Titanic © Botanical Press/Paul T. Isley III 2009

Le sous-marin Mir lors d’une plongée sur l’épave du Titanic © Botanical Press/Paul T. Isley III 2009


Dans la nuit du 14 au 15 avril 1912, John George dit « Jack » PHILLIPS, opérateur-radio Marconi confirmé et son adjoint Harold Sydney BRIDE  n’ont cessé d’envoyer des messages de détresse, alternant C.Q.D. et S.O.S. Ils ont ensuite été contraints de quitter leur poste car la station radio était envahie par l’eau.

Pour en savoir plus sur la station radio, rendez-vous sur le site d’un des membres de l’Association française du Titanic