Archives – L’Echo des abysses

Année 2019

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Vers marins phoronides, au stade adulte, fixés sur des rochers ©Wikimedia Commons
12/05/2019
8 nouvelles espèces de vers marins découvertes grâce au plancton ! Les scientifiques du Smithsonian Tropical Research Institute (STRI) au Panama ont découvert 8 nouvelles espèces de vers marins de la famille des...

Les scientifiques du Smithsonian Tropical Research Institute (STRI) au Panama ont découvert 8 nouvelles espèces de vers marins de la famille des phoronides grâce à l’analyse ADN de leurs larves.

Les scientifiques ont prélevé du plancton – dans lequel vit le phoronide au stade larvaire – dans le golfe de Panama (océan Pacifique) et autour de l’île de Bocas del Toro (mer des Caraïbes).

Une larve de phoronide ©Wikimedia commons

Une larve de phoronide ©Wikimedia commons

En examinant ce plancton à l’aide d’un stéréomicroscope, ils ont trouvé plus de 50 larves de phoronides (23 du Pacifique et 29 de l’Atlantique).

Ils ont ensuite comparé l’ADN de ces 50 larves avec l’ADN d’adultes et ont découvert 8 nouvelles espèces !

Jusqu’à ce jour, seules 15 espèces de vers marins de la famille des phoronides au stade adulte étaient connues.

Les larves de phoronides dérivent au gré des courants et sont beaucoup plus faciles à échantillonner que leurs formes adultes, qui vivent sur le fond marin dans le sable et les sédiments.

Michael J. Boyle, co-auteur de l’étude a déclaré :

En raison du mode de vie mystérieux des phoronides, les vers adultes peuvent ne jamais être découverts, mais la présence de leurs formes larvaires dans le plancton confirme qu’ils sont, ici, établis et se reproduisent.


Découvrez l’intégralité de l’étude parue le 14 mai 2019

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La Dirette argentée Diretmus argenteus peut probablement voir une variété de couleurs dans des conditions de faible luminosité ©Citron-Wikimedia Commons
11/05/2019
Des poissons des profondeurs capables de voir en couleur ! Une équipe internationale de chercheurs dirigée par Walter Salzburger et Zuzana Musilova de l'Université de Bâle (Suisse) a identifié un système visuel ...

Une équipe internationale de chercheurs dirigée par Walter Salzburger et Zuzana Musilova de l’Université de Bâle (Suisse) a identifié un système visuel chez les poissons des abysses qui leur permettrait de discerner les prédateurs et les proies dans les conditions de faible luminosité rencontrées au fond de l’Océan.

Le poisson-lanterne possède des organes bioluminescents et un nombre plus important de gènes rhodopsine ©Zuzana Musilová - Université Charles, Prague

Le poisson-lanterne possède des organes bioluminescents et un nombre plus important de gènes rhodopsine ©Zuzana Musilová – Université Charles, Prague

En analysant 101 génomes de poissons, l’équipe a découvert que certaines espèces vivant à plus de 200 mètres de profondeur, portaient des gènes supplémentaires de la rhodopsine qui permettent aux cellules souches de la rétine de détecter la lumière.

Quatre espèces des abysses en particulier possèdent au moins 5 gènes supplémentaires : la lanterne glaciaire Benthosema glaciale avec 5 gènes; Stylephorus chordatus avec 6 gènes; la dirette aile longue Diretmoides pauciradiatus avec 18 gènes. Avec 38 gènes de la rhodopsine, la dirette argentée, Diretmus argenteus, serait d’ailleurs le vertébré possédant de loin le plus grand nombre de gènes de photopigmentation.

La lanterne glaciaire possède 5 gènes supplémentaires lui permettant de voir les couleurs dans l'obscurité abyssale ©Rudolf Svedsen - University Museum of Bergen

La lanterne glaciaire possède 5 gènes supplémentaires lui permettant de voir les couleurs dans l’obscurité abyssale ©Rudolf Svedsen – University Museum of Bergen

Les poissons abyssaux dotés de cette forme de vision très sensible pourraient discerner certaines longueurs d’onde de couleur à des profondeurs atteignant 1 000 mètres là où la lumière est pratiquement inexistante.

En d’autres termes, ces poissons détecteraient une large gamme de couleurs et seraient particulièrement sensibles à la lumière verte et bleue.

La chercheuse Zuzana Musilova, auteure de l’étude, a déclaré :

« Nous pensons qu’ils peuvent détecter plus de nuances de bleu et de vert que nous. »

Or, le fait d’avoir des yeux très sensibles peut être utile pour détecter les signaux bioluminescents émis par les proies, les prédateurs ou même des membres de leur propre espèce.

Cette étude montre notamment la capacité d’évolution et d’adaptation des poissons dans les grandes profondeurs marines.


L’étude est parue dans la revue Science le 10 mai 2019

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Baleine à bosse © Malcolm Francis NIWA
10/05/2019
L’Océan en danger conclut le rapport sur la biodiversité de l’IPBES Les experts estiment qu?environ 1 million d'espèces animales et végétales sont aujourd'hui menacées d'extinction, notamment au cours des prochaine...

Les experts estiment qu’environ 1 million d’espèces animales et végétales sont aujourd’hui menacées d’extinction, notamment au cours des prochaines décennies, ce qui n’a jamais eu lieu auparavant dans l’histoire de l’humanité.

La nature décline globalement à un rythme sans précédent dans l’histoire humaine – et le taux d’extinction des espèces s’accélère, provoquant dès à présent des effets graves sur les populations humaines du monde entier

C’est l’une des conclusions du rapport de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), dont le résumé a été approuvé lors de la 7e session plénière, qui s’est réunie du 29 avril au 4 mai à Paris.

33% des requins sont menacés d'extinction ©Albert Kok - Wikimedia Commons

33% des requins sont menacés d’extinction ©Albert Kok – Wikimedia Commons

En ce qui concerne l’Océan, les écosystèmes marins, du littoral à la haute mer, montrent l’influence des activités humaines :

  • 66% du milieu marin est « sévèrement altéré » à ce jour par les activités humaines ;
  • Seulement 3% de l’Océan est exempt de pression humaine ;
  • L’étendue des prairies sous-marines a diminué de plus de 10% par décennie entre 1970 et 2000 ;
  • Près de 33% des récifs coralliens, des requins et des espèces proches, et plus de 33% des mammifères marins sont menacés d’extinction ;
50% du couvert corallien des récifs a disparu depuis les années 1870© Pixabay

50% du couvert corallien des récifs a disparu depuis les années 1870 © Pixabay

  • 50% du couvert corallien des récifs a disparu depuis les années 1870. Le déclin s’accélère considérablement depuis 20-30 ans en raison de l’augmentation de la température de l’eau et de l’acidification des océans qui interagissent avec d’autres facteurs de perte et aggravent encore la situation ;
  • 3 à 25% de la biomasse de poissons disparaîtra d’ici la fin du siècle dans les scénarios de réchauffement climatique bas et haut.

Le plus grand impact sur la biodiversité marine est la pêche :

  • 33% des stocks de poissons sont surexploités et plus de 55% de la zone océanique est soumise à la pêche industrielle.
  • 33% des prises de poissons dans le monde sont illicites, non déclarées ou non réglementées.
33% des stocks de poissons sont classés comme surexploités ©Parpixaoppa - Pixabay

33% des stocks de poissons sont classés comme surexploités ©Parpixaoppa – Pixabay

Toutefois, depuis 1992, les organismes régionaux des pêches adoptent les principes du développement durable.

Au 1er avril 2018, 52 pays ont signé un accord visant à prévenir, contrecarrer et éliminer la pêche illicite, non déclarée et non réglementée, afin de remédier à l’épuisement des pêcheries marines. Robert Watson, Président de l’IPBES, explique :

Nous avons déjà vu les premiers frémissements des actions et des initiatives pour le changement, comme par exemple les politiques innovantes menées par de nombreux pays, autorités locales et entreprises, mais surtout par les jeunes dans le monde entier.

Le deuxième impact sur la biodiversité marine sont les nombreux changements dans les utilisations de la mer et des terres côtières comme :

  • le développement côtier ;
  • l’aquaculture marine ;
  • le chalutage de fond ;
  • l’exploitation minière océanique, bien que relativement petite, s’est étendue depuis 1981 à environ 6 500 installations pétrolières et gazières offshore dans 53 pays et s’étendra probablement aux régions arctique et antarctique à mesure que la glace fond ;
Plateforme pétrolière offshore ©David Mark - Pixabay

L’exploitation minière offshore, une des causes du déclin de la biodiversité marine ©David Mark – Pixabay

  • l’acidification des océans, due à l’augmentation des niveaux de dioxyde de carbone ;
  • les microparticules et les nanoparticules de plastique ;
  • les concentrations élevées de métaux et de polluants organiques dans les eaux côtières provenant des rejets industriels et du ruissellement agricole.

Toutefois, le rapport présente une liste indicative d’actions possibles. Pour les écosystèmes marins, le rapport propose :

  • des approches écosystémiques de la gestion des pêches ;
  • l’aménagement du territoire ;
  • des quotas efficaces ;
  • des zones marines protégées ;
  • la protection et la gestion des zones clés de la biodiversité marine ;
  • la réduction la pollution par ruissellement dans les océans et une étroite collaboration avec les producteurs et les consommateurs.

Il n’est pas trop tard pour agir, mais seulement si nous commençons à le faire maintenant à tous les niveaux, du local au mondial. Robert Watson


Résumé du rapport de l’IPBES (en anglais)

Communiqué de presse de l’IPBES (en français)

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Cheminées hydrothermales anciennes et récentes du champ hydrothermal de Fati Ufu ©CHUBACARC 2019 - Ifremer
07/05/2019
Mission CHUBACARC : étudier la biodiversité de 5 sites hydrothermaux Du 25 mars au 7 juin 2019, dans le cadre de la campagne CHUBACARC dans le Sud-Ouest du Pacifique, une trentaine de scientifiques, embarqués à bo...

Du 25 mars au 7 juin 2019, dans le cadre de la campagne CHUBACARC dans le Sud-Ouest du Pacifique, une trentaine de scientifiques, embarqués à bord de L’Atalante, étudient 5 sites hydrothermaux.

Équipés du robot d’exploration téléopéré Victor 6000, les scientifiques expertisent 5  sites hydrothermaux compris entre 1 100 et 3 500 mètres de profondeur entre Fidji, Tonga, Futuna et Papouasie-Nouvelle-Guinée :

  • le bassin de Manus ;
  • le bassin de Woodlark ;
  • le Bassin Nord-Fidjien ;
  • Futuna ;
  • le bassin de Lau.
Carte de la campagne Chubacarc © Creative Commons

Carte de la campagne Chubacarc © Creative Commons

 

La mission CHUBACARC, coordonnée par Stéphane Hourdez, chercheur à l’Observatoire Océanologique de Banyuls et Didier Jollivet, chercheur à la Station Biologique de Roscoff avec les scientifiques de l’Université de Montpellier, d’Ifremer et de l’Université de Lille, a pour objectif :

  • d’inventorier les espèces dans les différents bassins ;
  • d’identifier les similarités et les différences génétiques d’une même espèce présente dans les 5 sites hydrothermaux ;
  • d’établir un état de référence de l’écosystème hydrothermal profond ;
  • d’évaluer la capacité de survie de ces sites ciblés pour l’exploitation des ressources minières.
Anémone géante posée sur un bloc de lave d'un site hydrothermal du bassin de Lau ©CHUBACARC 2019-Ifremer

Anémone géante posée sur un bloc de lave d’un site hydrothermal du bassin de Lau ©CHUBACARC 2019-Ifremer

 

En effet, la région du Sud-Ouest du Pacifique et ses sites hydrothermaux profonds font aujourd’hui, de plus en plus l’objet de permis d’exploration par des compagnies minières internationales au risque de voir disparaitre la biodiversité locale.


Cliquez ici pour suivre la campagne CHUBACARC

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La goélette Tara © Romain Troublé ® Tara Expeditions Foundation
05/05/2019
L’océan Arctique : un réservoir précieux de virus marins De nouveaux résultats, provenant essentiellement des données issues de l'expédition Tara Oceans (2009-2013), fournissent le catalogue le plus comp...

De nouveaux résultats, provenant essentiellement des données issues de l’expédition Tara Oceans (2009-2013), fournissent le catalogue le plus complet à ce jour des virus présents dans tous les océans du globe.

Cette étude, dirigée par des chercheurs de l’université de l’Ohio, porte de 16 000 à près de 200 000 le nombre de populations virales océaniques connues.

Publiés dans la revue Cell le 16 mai 2019 (en ligne le 25 avril), ces travaux révèlent l’importance de l’océan Arctique comme réservoir de virus marins.

Ils soulignent l’importance des régions arctiques, fortement impactées par le changement climatique, pour la biodiversité mondiale.

Pourquoi le recensement des virus marins, notamment dans l’océan Arctique, est-il si précieux ?

Virus (illustration 3D) © SPL - Science Photo Library / Karsten Schneider / Biosphoto

Virus (illustration 3D) © SPL – Science Photo Library / Karsten Schneider / Biosphoto

Les virus jouent un rôle dans le transport du carbone depuis la surface vers les fonds marins car ils  colonisent les micro-organismes planctoniques.

Or, ces micro-organismes du plancton marin jouent un rôle primordial sur Terre : ils produisent plus de la moitié de l’oxygène que nous respirons et absorbent le dioxyde de carbone depuis l’atmosphère jusqu’au fond des océans.

Chris Bowler, biologiste au CNRS à déclaré :

Nous percevons les virus comme quelque chose de méchant mais ils sont là pour assurer le bon fonctionnement des écosystèmes.

Cliquez ici pour accéder à l’intégralité de l’étude : https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(19)30341-1

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Une araignée de mer
04/05/2019
Expédition Deep Search 2019 : plongée dans Pamlico Canyon Les équipes de l'Expédition Deep Search 2019 de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) ont rapporté de nouvelles images de la f...

Les équipes de l’Expédition Deep Search 2019 de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) ont rapporté de nouvelles images de la faune qui peuple les canyons sous-marins, ainsi que des échantillons qui vont permettre d’en apprendre davantage sur cet habitat en eau profonde.

Poulpe localisé dans le canyon sous-marin Pamlico © Woods Hole Oceanographic Institution

Poulpe localisé dans le canyon sous-marin Pamlico © Woods Hole Oceanographic Institution

Le 23 avril 2019, à bord du navire océanographique Ronald H. Brown, équipé de son robot sous-marin télécommandé, les équipes de l’Institut océanographique américain de la NOAA, ont effectué la 5e plongée de l‘Expédition Deep Search 2019 au coeur du canyon sous-marin Pamlico , à environ 30 km des côtes de Caroline du Nord (côte est des États-Unis).

Pendant près de 20h, le robot sous-marin a arpenté le canyon, depuis le fond (1 900 mètres) en remontant lentement le long des parois. Nombre d’entre elles étaient couvertes d’étoiles de mer Brisingida, de coraux et d’autres animaux des grands fonds filtrant leur nourriture.

Les équipes ont pu observer des raies, des anguilles, un poulpe, des crabes rouges, des homards à tête plate et des araignées pycnogonidés. Ils ont également recueilli des échantillons de leurs espèces coralliennes cibles (Acanthogorgia et Desmophyllum) ainsi que 4 carottes de sédimentation.

Corail Acanthogorgia © Woods Hole Oceanographic Institution

Acanthogorgia, une espèce cible pour la recherche © Woods Hole Oceanographic Institution

Le but de l’expédition Deep Search 2019 est d’explorer les habitats en eau profonde des côtes sud-est des États-Unis et notamment les coraux d’eau froide, les canyons sous-marins et les zones de suintements froids.

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L'emploi de pesticides, notamment dans l'agriculture, provoque de graves déséquilibres dans l'écosystème planctonique marin.
03/05/2019
Le plancton marin empoisonné par les pesticides L?emploi de pesticides sur terre a de lourdes conséquences sur le plancton marin. Des chercheurs de l'Ifremer ont estimé que 0,5% des quantités ut...

L’emploi de pesticides sur terre a de lourdes conséquences sur le plancton marin. Des chercheurs de l’Ifremer ont estimé que 0,5 % des quantités utilisées se retrouvent dans les eaux côtières (environ 333 tonnes si on se réfère à la consommation nationale).

Les pesticides ont des effets négatifs sur le développement des bivalves (coquillages) au stade embryo-larvaire (planctonique) © Minami Himemiya

Les pesticides ont des effets négatifs sur le développement des bivalves (coquillages) au stade embryo-larvaire (planctonique) © Minami Himemiya

Les engrais chimiques et pesticides utilisés notamment dans l’agriculture, sont entraînés par les eaux de ruissellement et finissent par contaminer les fleuves. Ceux-ci  abreuvent les eaux côtières de molécules d’herbicides, de fongicides, ou encore d’insecticides, provoquant de graves déséquilibres dans l’écosystème planctonique marin.

Les chercheurs de l’Ifremer alertent depuis 2015 dans une synthèse intitulée « Plancton et pesticides : quels liens ? » sur différents aspects du problème :

  • Les pesticides ont des effets différents selon qu’ils se trouvent à l’état pur ou en mélange, et selon le stade de développement des espèces planctoniques.
  • Les pesticides sont plus toxiques en préparation commerciale qu’à l’état pur, en raison des adjuvants qui provoquent une amplification des effets (jusqu’à 500 fois !).
  • La croissance du plancton est altérée par la présence simultanée de plusieurs substances chimiques.

Certaines espèces parviennent à s’adapter à leur environnement toxique. Mais ces espèces devenues résistantes ont tendance à prédominer sur les autres espèces.

L’équilibre planctonique s’en trouve bouleversé et par conséquent toute la chaîne alimentaire marine.

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Le passage d'une comète aurait été interprété par Moctezuma II comme un présage funeste, selon Diego Durán (Codex Duran, t.I, chap. LXIII)
02/05/2019
Mexique : À la recherche des caravelles de Cortés coulées au 16e siècle Il y a 500 ans, le conquistador espagnol Hernán Cortés débarquait au Mexique. Une mission d?exploration visant à retrouver les 10 caravelles de son ...

Il y a 500 ans, le conquistador espagnol Hernán Cortés débarquait au Mexique. Une mission d’exploration visant à retrouver les 10 caravelles de son expédition débutera cet été dans le golfe du Mexique.

À la tête de cette expédition internationale, l’archéologue Roberto Junco Sanchez – directeur du département d’archéologie sous-marine de l’Institut mexicain d’anthropologie et d’histoire – s’intéressera particulièrement à une zone d’environ 10 km2, située  au large de l’actuelle Playa Villa Rica, à 75 km au nord de Veracruz.

C’est là, que l’année précédente, les archéologues avaient relevé, grâce à des magnétomètres, la présence d’anomalies métalliques pouvant correspondre au site de sabordage de la flotte de Cortés.

Les archéologues avaient également découvert une ancre en fer dont l’apparence correspond à celles qui équipaient les navires européens du début du 16e siècle.

Portrait Hernán Cortés

Portrait du Conquistador Hernán Cortés © Book of America, R. Cronau

Commandées par le conquistador espagnol Hernán Cortés, les 11 caravelles sont arrivées au Mexique le 23 avril 1519, transportant des soldats, des Indiens venant de Cuba ainsi que des armes à feu, des arbalètes ou des épées…

C’est avec ce contingent qu’Hernán Cortés parvient à conquérir l’empire aztèque, capturant leur souverain Moctezuma II et s’emparant de la capitale Tenochtitlan (future Mexico).

Confronté à des mutineries en juillet 1519 – car certains de ses hommes veulent retourner à Cuba –  Hernán Cortés décide de saborder 10 de ses 11 navires, enlevant ainsi à ses hommes tout espoir de retour, comme le rapporte Bernal Díaz del Castillo – un autre  conquistador qui participa à la conquête du Mexique aux côtés d’Hernán Cortés –  dans ses chroniques parues au 17e siècle.

La 11e caravelle repartira vers l’Espagne et son souverain Charles Quint, chargée d’objets précieux et d’or offerts, peu avant son arrestation, par le roi aztèque Moctezuma II. Ce dernier espérait ainsi faire partir les conquistadors et sauver son peuple. En vain…

Sabordage Hernan Cortes

Sabordage des caravelles par Hernán Cortés au large du Mexique en 1519 © Jan Karel Donatus van Beecq – Gallica BNF

La découverte de ces épaves pourrait permettre d’en savoir plus sur la façon dont le conquistador a réalisé ce sabordage. Frederick Hanselmann, directeur de l’archéologie sous-marine à l’Université de Miami et co-directeur du projet a déclaré :

« Nous savons pourquoi il a sabordé ces navires, mais nous ignorons comment et où précisément il a fait cela.  A-t-il laissé les navires dériver ? Souhaitait-il faire la leçon à son équipage et les saborder à la vue de tous ? »

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Modèle 3 D de la chaudière
30/04/2019
L’épave du Titanic modélisée en 3D L'épave du Titanic continue de susciter la passion des ingénieurs, des archéologues et des chercheurs ! Trois structures américaines ont décidé d'unir l...

L’épave du Titanic continue de susciter la passion des ingénieurs, des archéologues et des chercheurs ! Trois structures américaines ont décidé d’unir leurs compétences pour modéliser l’épave et mettre en place des stratégies pour préserver cette épave mythique !

Ces 3 entités qui se sont regroupées au sein du RMS Titanic Survey Data Scientific Study Center (littéralement le Centre d’études scientifiques et d’enquêtes du Titanic) sont :

Grâce à toutes les données accumulées durant les différentes missions menées sur l’épave du Titanic depuis 1985, ces 3 structures ont ainsi créé des modèles interactifs 2D et 3D haute résolution (à l’échelle quasi millimétrique) de la proue, de la poupe du Titanic et d’autres objets répartis sur le site de l’épave comme les chaudières.

Alexandra Klingelhofer, Vice-présidente des collections chez Experiential Media Group, explique :

« Grâce à cette collaboration, nous bénéficions des données océanographiques et scientifiques les plus récentes pour vérifier les faits historiques liés au naufrage du Titanic, éduquer et sensibiliser le grand public, et contribuer à la préservation de l’épave et de son environnement. »

La proue (partie avant) de l'épave du Titanic © RMS Titanic, Inc.

La proue (partie avant) de l’épave du Titanic © RMS Titanic, Inc.

David Gallo, Directeur des projets spéciaux chez  Experiential Media Group et qui a participé, entre autres, à la campagne de 2010 ajoute :

« Cette collaboration ouvre non seulement le prochain chapitre de l’histoire du Titanic, mais elle poursuit et concrétise notre engagement à établir un bilan le plus complet et la plus précis de l’épave.

Les années d’études approfondies, de dévouement et de collaborations nous ont permis de prendre des mesures claires et prudentes en vue de protéger le Titanic pour les générations futures. »

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SS Iron Crown © Allan C. Green_Wikimedia Commons
27/04/2019
Un cargo de la Seconde Guerre mondiale retrouvé au large de l’Australie 77 ans après son torpillage par un sous-marin japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, l'épave du cargo australien SS Iron Crown a été découvert...

77 ans après son torpillage par un sous-marin japonais pendant la Seconde Guerre mondiale, l’épave du cargo australien SS Iron Crown a été découverte par 700 mètres de fond, dans le détroit de Bass, entre l’État de Victoria (Australie) et la Tasmanie.

Le navire, qui transportait du minerai de manganèse, a coulé en moins d’une minute, le 4 juin 1942. L’attaque japonaise a coûté la vie à 38 membres de l’équipage du navire, qui comptait 43 personnes.

La proue du SS Iron Crown apparaît intacte avec ses balustrades, l'ancre et les chaînes toujours en place © CSIRO

La proue du SS Iron Crown apparaît intacte avec ses balustrades, l’ancre et les chaînes toujours en place © CSIRO

C’est grâce aux équipements du navire océanographique Investigator de l’Agence scientifique nationale australienne CSIRO, que les experts ont réussi à localiser et faire des images de l’épave de 100 mètres de long, qui semble étonnement bien conservée !

Selon Peter Harvey, un archéologue de Heritage Victoria (principal organisme du gouvernement de l’État de Victoria responsable du patrimoine culturel) :

« Le SS Iron Crown est historiquement important pour l’État de Victoria : c’est l’un des quatre naufrages de la Seconde Guerre mondiale dans les eaux victoriennes et c’est le seul navire à avoir été torpillé par un sous-marin dans cette zone ».

Il faut rappeler qu’entre juin 1942 et juin 1943, la marine marchande a été la cible d’attaques incessantes autour des côtes australiennes. Le Japon a déployé pas moins de 13 sous-marins sur la côte est de l’Australie pendant cette période.


Toutes les photos et vidéos sur le site de CSIRO

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Image sonar de Dordrecht Deep - le point le plus profond de la zone de fracture de Diamantina ©Five Deeps Expedition
25/04/2019
Five Deeps : 1re cartographie détaillée à plus de 7 000 mètres dans l’Océan Indien En avril 2019, l'expédition Five Deeps a mené avec succès la première mission détaillée de cartographie du point le plus profond de la zone de fracture ...

En avril 2019, l’expédition Five Deeps a mené avec succès la première mission détaillée de cartographie du point le plus profond de la zone de fracture Diamantina dans l’océan Indien : le « Dordrecht  Deep »

Localisation du Dordrecht Deep et de la fosse de Java ©Five Deeps Expedition

Localisation du Dordrecht Deep et de la fosse de Java ©Five Deeps Expedition

À l’aide d’un sonar multifaisceaux perfectionné et d’un robot sous-marin, l’équipe a mesuré une profondeur de 7 019 mètres.

Les données constitueront une contribution importante au projet Seabed 2030 qui vise à cartographier en détail les fonds marins de tous les océans d’ici l’année 2030.

Grâce au robot sous-marin, l’équipe a également collecté des crustacés (de moins d’un centimètre) qui seront étudiés à l’Université de Newcastle (Australie).

Cette mission a été réalisée dans le cadre de la plongée record de l’explorateur américain Victor Vescovo dans la fosse de Java située dans l’océan Indien.

Un des 3 robots de l'expédition Five Deeps, capable d'atteindre 11 000 mètres de profondeur ©Five Deeps Expedition

Un des 3 robots de l’expédition Five Deeps, capable d’atteindre 11 000 mètres de profondeur ©Five Deeps Expedition

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L'André Malraux, navire de recherche archéologique du DRASSM © Tounoki (Own work) [CC BY-SA 4.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)], via Wikimedia Commons
24/04/2019
Le DRASSM recense toutes les épaves du Débarquement en Normandie Entre le 8 et le 26 avril 2019, l'André Malraux, le navire du Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines (DRASSM) a f...

Entre le 8 et le 26 avril 2019, l’André Malraux,  le navire du Département des Recherches Archéologiques Subaquatiques et Sous-Marines (DRASSM) a fait sa 3e campagne en mer de la Manche afin de recenser les épaves du Débarquement du 6 juin 1944.

Navires débarquant leur cargaison sur la plage d'Omaha Beach, à marée basse pendant les premiers jours de l'opération Overlord © U.S. National Archives

Au large d’Omaha Beach (ici dans les premiers jours du Débarquement en juin 1944) reposent de nombreuses épaves © U.S. National Archives

Depuis 2015, à l’initiative de la Région Normandie, le DRASSM dresse l’inventaire de l’ensemble des vestiges sous-marins de la Bataille de Normandie : 150 sites ont ainsi été répertoriés.

Destroyers, dragueurs de mines, navires de transport des troupes, barges de débarquement, chars amphibies et brise-lames : la campagne aura permis de localiser chaque épave et de donner une vision d’ensemble précise. Les archéologues ont expertisé et affiné l’identification de chaque site, en s’appuyant sur diverses sources documentaires (Club de plongée de Caen, US Navy, Royal Navy).

Le 75e anniversaire du Débarquement est l’occasion de mettre l’accent sur la préservation de ce patrimoine englouti. Comme le précise Cécile Sauvage, archéologue au DRASSM :

« Aucun événement historique dans le monde n’est aussi bien représenté par ses vestiges maritimes que le Débarquement en Normandie (…). Ces sites, nous en assurons la sauvegarde avec cette étude, car ils subissent les atteintes de la corrosion et sont voués à disparaître dans quelques dizaines d’années. »

L’inventaire effectué par le DRASSM va permettre d’ajouter une carte des vestiges au dossier de candidature des Plages du Débarquement à l’inscription sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

Porté par la Région Normandie depuis 2015, la demande sera définitivement examinée par le jury international en juillet 2019. Le site avait déjà été inscrit en 2014 sur la liste indicative des biens français.

En janvier 2018, Françoise Nyssen, la ministre de la culture officialisait cette candidature dans un communiqué de presse, et soulignait :

« Ce bien proposé à l’inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco garde les traces et porte la mémoire d’un combat pour la liberté et la paix. »

LE + : Découvrez à La Cité de la Mer l’exposition Cherbourg 1944… Et la liberté vint de la mer et son zoom sur l’expédition D-Day » menée en 2013 qui a permis de cartographier près de 400 épaves dans la baie de Seine.

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Carte bathymétrique
20/04/2019
Projet Seabed 2030 : cartographier les fonds marins d’ici 2030 Malgré de nombreuses années d'efforts de cartographie, seule une petite fraction du plancher océanique mondial (moins de 15%) a été échantillonnée en pr...

Malgré de nombreuses années d’efforts de cartographie, seule une petite fraction du plancher océanique mondial (moins de 15%) a été échantillonnée en profondeur, ce qui limite considérablement la capacité des scientifiques à explorer et comprendre les processus critiques des océans et des fonds marins.

Conscients de ce mauvais état des connaissances sur les profondeurs océaniques et du rôle crucial que ces connaissances jouent dans la compréhension et le maintien de la planète, General Bathymetric Chart of the Oceans (GEBCO) et la Nippon Foundation ont uni leurs forces pour établir le projet Seabed 2030.

Seabed 2030 vise à rassembler toutes les données bathymétriques disponibles pour produire la carte définitive et globale des fonds de l’Océan d’ici 2030 et la rendre accessible à tous.

L’objectif d’une cartographie mondiale de l’Océan est, entre autre, de mieux comprendre :

  • la circulation océanique (distribution de la chaleur entre les tropiques et les pôles) ;
  • l’action des vagues et des marées ;
  • le transport des sédiments ;
  • la prévision des risques comme les tsunamis

mais aussi de mieux gérer :

  • l’acheminement des câbles sous-marins et pipelines;
  • l’exploitation des ressources halieutiques ;
  • l’extraction minière et pétrolière ;
  • l’exploration scientifique ;
  • les applications militaires et de défense.

    Seabed 2030 compte 4 centres régionaux qui compilent les données bathymétriques pour leur région et un centre mondial qui produit la grille GEBCO globale.

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Le
19/04/2019
La Norvège autorise la récolte du plancton Le gouvernement norvégien a autorisé à partir de 2019, la récolte d'un zooplancton, Calanus finmarchicus, en fixant un quota de 254 000 tonnes par...

Le gouvernement norvégien a autorisé à partir de 2019, la récolte d’un zooplancton, Calanus finmarchicus, en fixant un quota de 254 000 tonnes par an.

Une décision qui va permettre à l’entreprise norvégienne Calanus AS de développer son activité. Cette industrie à la pointe des technologies biomarines, utilise ce plancton pour l’alimentation humaine et animale.

Le "Calanus finmarchicus", ce petit copépode représente un enjeu commercial important © Russ Hopcroft/UAF/CoML

Le « Calanus finmarchicus », ce petit copépode représente un enjeu commercial important © Russ Hopcroft/UAF/CoML

La société, qui détient les brevets d’une technique de récolte unique de zooplancton, a étroitement collaboré avec les autorités norvégiennes et l’Institut de recherche marine du pays pour déterminer comment assurer une récolte durable du Calanus finmarchicus.

Le zooplancton marin, Calanus finmarchicus, est un copépode ou crustacé  dont le cycle biologique est d’un an. C’est une espèce clé de l’écosystème car il représente une proie importante pour la plupart des stocks de poissons commercialement importants de l’Atlantique Nord, notamment le saumon sauvage.

Les autorités affirment que des contrôles sont en place pour s’assurer que la récolte commerciale n’aura pas d’impact négatif sur le stock ni sur les autres espèces.

Le principal produit de l’entreprise est l’huile de calanus, un ingrédient utilisé dans les compléments alimentaires (pour ses effets anti-inflammatoires) et les produits alimentaires diététiques.

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Ctenophore,
17/04/2019
Le plancton retrace l’histoire de la pollution plastique dans l’océan Un dispositif crée au début du siècle pour répertorier le plancton, est devenu sans le vouloir un indicateur de la pollution plastique dans l'océan. ...

Un dispositif crée au début du siècle pour répertorier le plancton, est devenu sans le vouloir un indicateur de la pollution plastique dans l’océan.

Utilisé dès les années 1930, l‘enregistreur de plancton en continu (CPR) est un dispositif tracté par les navires qui sert à prélever des échantillons de plancton dans la colonne d’eau.

Pendant des décennies, une flotte de 50 enregistreurs a parcouru environ 6 millions de kilomètres. Et visiblement, elle n’a pas collecté que du plancton !

Clare Ostle, de la Marine Biological Association de Plymouth et auteure d’une étude sur la pollution plastique océanique, révèle que de nombreux morceaux de plastique ont été retrouvés enchevêtrés dans le dispositif au fil des années.

Une méduse "boîte" "Tamoya sp." Les méduses font également partie du plancton ! © Linda Ianniello

Une méduse « boîte » « Tamoya sp. » Les méduses font également partie du plancton ! © Linda Ianniello

En 1965, la capture d’un plastique entier figure pour la première fois dans le journal des consignations d’un navire faisant route au large des côtes de l’Irlande.

L’étude montre surtout une augmentation significative et constante du plastique océanique depuis 1990.

Aujourd’hui, les chercheurs impliqués dans cette étude espèrent que la « vague de sensibilisation » au plastique océanique contribuera à réduire la quantité de déchets qui se retrouvent dans la mer.

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Le navire d'exploration Nautilus © Nautilus Live / Ocean Exploration Trust
16/04/2019
Expédition Nautilus 2019 : 11 explorations au programme L'équipe du navire d'exploration Nautilus lance ses missions d'exploration dans l'océan Pacifique à partir de mai. L'équipe étudiera les régi...

L’équipe du navire d’exploration Nautilus lance ses missions d’exploration dans l’océan Pacifique à partir de mai.

De mai à octobre, le Nautilus visitera des régions inexplorées de la côte ouest des États-Unis © Nautilus Live 2019

De mai à octobre, le Nautilus visitera des régions inexplorées de la côte ouest des États-Unis © Nautilus Live 2019

L’équipe étudiera les régions inexplorées de la côte ouest des États-Unis et, pour la première fois, l’ouest du Pacifique central, y compris les Samoa et les îles territoriales américaines.

Parmi les 11 campagnes de cette nouvelle « saison » qui se terminera en octobre :

  • Mission California mapping : les équipes du Nautilus poursuivront un travail de cartographie des fonds marins californiens, entamé il y a 4 ans. L’expédition s’attachera également à collecter des données sur les habitats de coraux et d’éponges d’eau profonde. Ces « sites sentinelles » permettront d’étudier l’impact de l’acidification des océans.
  • Mission Search for the Samoan Clipper : les équipes du Nautilus tenteront de localiser un site archéologique d’importance majeure pour l’histoire de l’aviation, l’épave du Samoan Clipper, un hydravion Sikorsky S-42B de la Pan American Airways perdu au large de la côte nord-ouest de Tutuila, Samoa américaines, en janvier 1938 avec à son bord 7 hommes dont le capitaine Edwin C. Musick.
  • Mission National Marine Sanctuary of American Samoa  : au niveau des îles Samoa, les équipes du  Nautilus étudieront, entre autres, des récifs coralliens méconnus localisés entre 30 et plus de 150 m et exploreront un volcan sous-marin actif. 

Les expéditions Nautilus 2019 nous emmèneront, également, explorer des canyons sous-marins comme le Bodega, plonger sur la dorsale Gorda où l’activité hydrothermale est inédite ou visiter un « jardin de poulpes » situé dans la baie de Monterey aux pieds du Mont sous-marin Davidson !


Retour sur 10 ans d’exploration du Nautilus en vidéo

Et pour tout savoir sur les campagnes 2019 du Nautilus, cliquez ici!

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15/04/2019
Du plancton qui cultive des algues C'est un cas de symbiose étonnant entre deux organismes planctoniques ! Il existe dans l'océan un organisme, l'acanthaire, qui exploite une micr...

C’est un cas de symbiose étonnant entre deux organismes planctoniques ! Il existe dans l’océan un organisme, l’acanthaire, qui exploite une micro-algue afin de profiter de son activité de photosynthèse. Des chercheurs ont récemment découvert comment fonctionne cette association.

Pour se développer, l’acanthaire,  un organisme zooplanctonique  absorbe une micro-algue photosynthétique (qui utilise la lumière du soleil pour produire de l’énergie), appelée Phaeocystis. Cette dernière continue alors de vivre à l’intérieur de son hôte. Cette relation est appelée symbiose.

Les chercheurs ont étudié ce phénomène au niveau cellulaire et en ont conclu qu’en réalité,  cette association ne profite qu’à l’acanthaire. Celui-ci « cultive » les micro-algues et les pousse à augmenter leur production d’énergie. L’acanthaire agit à la manière d’un agriculteur maintenant son « troupeau » d’algues sous contrôle,  afin de « récolter » les produits de la photosynthèse.

Comment ? C’est ce que l’étude nous révèle…

Lorsque l’algue est absorbée par l’acanthaire, elle subit une transformation radicale et probablement irréversible. Elle se met à produire énormément de chloroplastes (éléments permettant la photosynthèse) devenant ainsi une véritable usine à photosynthèse ! Par un procédé que les chercheurs étudient encore, l’acanthaire empêche l’algue de se diviser et donc de proliférer dans son hôte, dont elle devient prisonnière à vie.

Cette étude parue le 28 février 2019 dans Current Biology, associe des chercheurs français et allemands, du Centre Helmholtz pour la Recherche environnementale (UFZ), de l’Université Grenoble Alpes (UGA), du CNRS et du CEA.

Au-delà de la découverte, ces recherches pourraient être exploitées dans le domaine industriel, notamment dans la recherche d’applications destinées à optimiser la production d’algues pour la fabrication de biocarburants…

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Méduse
14/04/2019
Le génome de Clytia révèle les origines de la méduse Des équipes de recherche françaises ont décodé le génome d'un plancton : la méduse Clytia hemisphaerica. Elles ont mis en évidence les gènes impliqués dans so...

Des équipes de recherche françaises ont décodé le génome d’un plancton : la méduse Clytia hemisphaerica. Elles ont mis en évidence les gènes impliqués dans son développement, dont certains sont aussi présents chez l’homme, et questionne l’évolution de cette méduse apparue il y a plus de 500 millions d’années.

Le génome de « Clytia hemisphaerica » a été décodé par des équipes de recherche françaises.

La plupart des gens associent les méduses à des rencontres désagréables… Comme les coraux, les méduses appartiennent au groupe des cnidaires, une lignée très ancienne d’animaux urticants.

Elles sont également les plus gros organismes du plancton !

Toutes ne sont cependant pas dangereuses : celles du groupe des hydrozoaires ne mesurent généralement pas plus de quelques centimètres et sont pour la plupart inoffensives.

C’est le cas de Clytia hemisphaerica dont le génome a été décodé par des équipes de recherche françaises.

Apparue il y a plus de 500 millions d’années, la méduse Clytia hemisphaerica est présente dans tous les océans, mesurant entre 5 et 20 mm.

Derrière la simplicité de cette espèce (et de nombreuses autres espèces de méduses), se cache un cycle de vie complexe alternant entre trois formes :

  • Une larve nageuse qui se se métamorphose en…
  • un polype vivant sur le fond des mers, qui génère par bourgeonnement…
  • les méduses nageuses que nous connaissons.

Les chercheurs ont focalisé leur analyse sur la détection des gènes impliqués dans le développement de la forme méduse.

Ils ont ainsi découvert que les méduses réutilisent surtout des gènes anciens,– dont certains bien connus chez d’autres animaux et notamment chez l’homme, régulant le développement embryonnaire.

De plus, il apparaît que certains de ces gènes ne sont pas utilisés au cours de la formation de l’embryon de Clytia mais dans la constitution du système nerveux et des tentacules de la méduse.

Cette étude a été menée par des équipes du Laboratoire de biologie du développement de Villefranche-sur-Mer (Sorbonne Université/CNRS), en collaboration avec l’Institut de biologie Paris-Seine (CNRS/Sorbonne Université), le CEA-Genoscope et l’Université de Vienne et publiée dans Nature Ecology and Evolution le 11 mars 2019.

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Corail bubblegum
12/04/2019
Deux nouvelles espèces de coraux profonds identifiées L'analyse ADN de coraux bubblegum collectés dans le canyon Lydonia a confirmé aux chercheurs de l?Institut Océanographique Woods Hole (WHOI) qu'il...

L’analyse ADN de coraux bubblegum collectés dans le canyon Lydonia a confirmé aux chercheurs de l’Institut Océanographique Woods Hole (WHOI) qu’ils ont bien découvert 2 nouvelles espèces.

Le directeur scientifique de l’expédition Tim Shank a déclaré :

« Grâce à des codes barres génétiques continus, nous avons identifié au moins 2 espèces de coraux différentes. 

Elles ne présentent pas suffisamment de similitudes génétiques pour être des espèces actuellement connues. »

 


Au cours de cette expédition de 2 semaines à bord du sous-marin Nadir, les scientifiques ont prélevé 29 échantillons de corail dans le canyon de Lydonia, situé dans l’océan Atlantique au large des États-Unis, à des profondeurs comprises entre 369 mètres et 903 mètres.

Large colonies de coraux "bubble gum" © NOAA/Image courtesy of 2014 Bigelow-ROPOS US-Canada Gulf of Maine Collaboration.

Large colonies de coraux « bubble gum » © NOAA/Image courtesy of 2014 Bigelow-ROPOS US-Canada Gulf of Maine Collaboration.

Aucune plongée humaine n’avait été effectuée dans le canyon depuis 1982.


En septembre 2016, Barack Obama a déclaré les canyons et les monts sous-marins au large de la côte Est des États-Unis « Monument National », protégeant ainsi une surface de 13 000 km².

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Corail piquant © La Cité de la Mer/Frédéric Bassemayousse
12/04/2019
Le corail, un animal qui ne vieillit pas Les échantillons de coraux récoltés lors de l?expédition Tara Pacific, qui s?est achevée en octobre 2018, vont permettre d'en apprendre davantage sur ...

Les échantillons de coraux récoltés lors de l’expédition Tara Pacific,  qui s’est achevée en octobre 2018, vont permettre d’en apprendre davantage sur le pouvoir incroyable de cet animal qui ne vieillit pas !

Comment lutter contre le vieillissement ? Les scientifiques ambitionnent d’y remédier en déchiffrant les mécanismes qui permettent au corail de résister à la dégradation des cellules. Son génome, proche de celui de l’être humain, permet d’espérer trouver des pistes d’application en médecine humaine.

Récifs coralliens à Hawaii © Pixabay

Récifs coralliens à Hawaii © Pixabay

Pourquoi nos cellules vieillissent ? Pour se développer, les cellules humaines se divisent. Se faisant, elles se dégradent, jusqu’à ne plus pouvoir se diviser : c’est le processus de vieillissement. Les cellules des coraux, quant à elles, semblent ne jamais s’altérer !

  • Toutes les espèces de coraux ont-elles la même faculté de résister au vieillissement ?
  • Quelle est l’influence de l’environnement sur cette capacité ?
  • Quel rôle jouent les organismes qui vivent en symbiose avec les coraux ?

Grâce aux nombreux échantillons désormais en sa possession, l’équipe de l’Institut de Recherche sur le CANcer et le vieillissement (IRCAN), dirigée par Éric Gilson à l’Université Côte d’Azur, et partenaire de la Fondation Tara, devrait pouvoir répondre à ces questions cruciales.

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