L’Echo des abysses

Immersion virtuelle sur la cheminée hydrothermale Tour Eiffel située sur le site de Lucky Strike © Ifremer
13/06/2019
Immersion dans les grands fonds Une équipe de scientifiques de l'Ifremer et de l'Institut de physique du globe de Paris a embarqué depuis le 10 juin à bord du navire d'exploratio...

Une équipe de scientifiques de l’Ifremer et de l’Institut de physique du globe de Paris a embarqué depuis le 10 juin à bord du navire d’exploration Pourquoi pas ? Direction : les Açores.

Là au milieu de l’Atlantique, à 1 700 mètres de profondeur, se trouve le site de Lucky Strike 

Situé au sommet d’un volcan sous-marin, Lucky Strike se présente sous la forme d’une vingtaine de sources chaudes sous-marines – dont une baptisée « tour Eiffel » – entourant un ancien lac de lave.

Le site de Lucky Strike se situe sur la dorsale Médio-Atlantique, à 1 700 mètres de profondeur

Le site de Lucky Strike se situe sur la dorsale Médio-Atlantique, à 1 700 mètres de profondeur

C’est là que depuis 2010, un observatoire sous-marin bardé de capteurs suit l’activité volcanique et observe les animaux des grands fonds. 

Jusqu’au 4 juillet, l’équipe scientifique va récolter les enregistrements et assurer la maintenance de l’observatoire, dont les équipements sont corrodés par l’eau de mer.

Elle va également effectuer des opérations d’échantillonnage à l’aide du sous-marin d’exploration habité Nautile.

Mise à l'eau du Nautile © Ifremer

Mise à l’eau du Nautile © Ifremer

L’observatoire Lucky Strike s’intègre au réseau européen EMSO (European Multidisciplinary Seafloor and water column Observatory) qui se compose d’un faisceau d’observatoires fixes, situés en eaux profondes ou dans la colonne d’eau, déployés dans les mers et océans tout autour de l’Europe, de l’Arctique à l’Atlantique, de la Méditerranée à la mer Noire.

 

 

La mission MoMARSAT 2019 est menée conjointement par l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) et l’Équipe de Sismologie de l’Institut de Physique du Globe de Paris (IPGP-CNRS/INSU).


Les sources hydrothermales ou fumeurs noirs, naissent aux points de contact des grandes plaques océaniques et recrachent une eau chaude pouvant dépasser les 300 degrés Celsius.

Cheminées hydrothermales sur le site de Lucky Strike © Ifremer/ Momar 2008

Cheminées hydrothermales sur le site de Lucky Strike © Ifremer/ Momar 2008

Elles abritent une vie foisonnante : moules, crevettes…

Privés de la lumière du soleil, ces organismes se développent grâce à la chimiosynthèse : ils utilisent comme source d’énergie l’hydrogène, le sulfure ou le méthane recrachés par les fumeurs pour produire la matière organique dont ils ont besoin.

 
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Vue rapprochée de la proue de l'épave découverte dans le Golfe du Mexique©NOAA
12/06/2019
Découverte inattendue d’une épave dans le Golfe du Mexique C'est par hasard, lors d'une exploration de routine dans le Golfe du Mexique, le 16 mai 2019, qu'une équipe de l'Agence américaine d'observation...

C’est par hasard, lors d’une exploration de routine dans le Golfe du Mexique, le 16 mai 2019, qu’une équipe de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) a découvert l’épave de ce qui semble être une goélette vieille de 150 ans.

Partie du gouvernail. On y voit clairement le nombre 2109 qui a permis l'identification de l'épave. ©NOAA

Partie du gouvernail. On y voit clairement le nombre 2109 qui a permis l’identification de l’épave. ©NOAA

Remarquablement préservée sous la ligne de flottaison, l’épave a été découverte à 250 km au large des côtes,  à environ 500 mètres de profondeur.

C’est en testant de nouveaux équipements et notamment des robots sous-marins télécommandés (ROV), à bord du navire de l’Okeanos Explorer que l’équipe de chercheurs a fait cette surprenante découverte grâce au  sonar du robot Deep Discoverer.

Soutenus à distance par des archéologues sous-marins qui ont pu suivre en direct la vidéo de la plongée, ils sont parvenus à identifier un voilier en bois dont la partie inférieure de la coque est recouverte de cuivre, la protégeant ainsi des dégradations dues aux organismes marins.

Si l’origine du navire et la composition de son équipage demeurent encore mystérieuses, les experts, s’appuyant sur divers éléments tels que la forme de l’étrave et de la proue, le corps de la coque et les restes du guindeau, ont pu déterminer la date de construction du voilier, qui se situerait dans le milieu du 19e siècle. Sa longueur est estimée à environ 37,8 mètres.

Des éléments carbonisés et l’absence d’objets caractéristiques du navire ou d’effets personnels, semblent suggérer qu’un incendie serait la cause du naufrage.

Les photos et vidéos du site de l’épave sont en cours d’analyse et permettront d’en apprendre davantage sur cette épave qui recèle encore bien des mystères.

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Océan © Bailey Mahon on Unsplash
11/06/2019
Les experts de l’Océan présentent leurs avis aux gouvernements européens Les experts du groupe de réflexion européen "Marine Board" ont présenté Naviguer vers l?avenir (Navigating the future V), le 11 juin 2019, au siège de...

Les experts du groupe de réflexion européen « Marine Board » ont présenté Naviguer vers l’avenir (Navigating the future V), le 11 juin 2019, au siège de l’Unesco à Paris, dans le cadre de la conférence EurOCEAN2019.

Ce document de travail rassemble leurs recommandations sur les futurs axes de la recherche océanique et servira de référence pour la politique des sciences de la mer européenne à l’horizon 2030 et plus.

Les 19 experts des 13 pays européens qui ont travaillé à l’élaboration de ces recommandations sont issus d’institutions reconnues telles que le CNRS, l’Ifremer, et le réseau Universités marines (Sorbonne Université) pour la partie française.

Ensemble, ils ont identifié les domaines clés dans lesquels nos connaissances en sciences de la mer restent encore lacunaires.

Le mot d’ordre des experts est clair, il  faut mettre en place « Une Science adaptée à l’Océan que nous souhaitons«  (« the science we need for the ocean we want« ) afin de faire face aux différents enjeux écologiques.

Jan Mees, président du European Marine Board, explique dans l’avant-propos du rapport :

Ces connaissances sont essentielles pour comprendre l’Océan à 4 dimensions, pour prévoir les tsunamis et l’impact […] de la future économie bleue sur nos écosystèmes marins. […]

Notre rapport met […] en lumière les progrès technologiques et les modélisations nécessaires pour que le public puisse se projeter dans l’Océan du futur et mieux comprendre ses évolutions. »

Dans ce document, les chercheurs proposent 4 axes de recherche :

  • Les 4 dimensions de l’Océan : volume interconnecté, l’Océan se caractérise par des paramètres physiques, géologiques, biogéochimiques et biologiques qui changent et interagissent dans le TEMPS et dans l’ESPACE.
Un océan en 4 dimensions interconnecté © EMB

Un océan en 4 dimensions interconnecté © EMB

  • L’impact des divers facteurs de stress (activités humaines, changement climatique, pollution, etc.) sur le fonctionnement des écosystèmes marins.
Un Océan soumis à de multiples facteurs de stress © EMB

Un Océan soumis à de multiples facteurs de stress © EMB

  • Les caractéristiques, la probabilité et les impacts des accidents (marées noires), des phénomènes extrêmes (vagues de chaleur en mer, séismes météorologiques et sous-marins, tsunamis…) et la façon dont ils pourraient être affectés par les changements climatiques.
Un Océan soumis à des phénomènes extrêmes © EMB

Un Océan soumis à des phénomènes extrêmes © EMB

  • Le développement des technologies (drone, intelligence artificielle…) pour observer l’Océan afin de mieux comprendre, prévoir et gérer les impacts humains de manière durable.
Des technologies pour mieux comprendre l'Océan © EMB

Des technologies pour mieux comprendre l’Océan © EMB

De ces recommandations, il ressort qu’il est devenu impératif de former une nouvelle génération de scientifiques du développement durable et qu’il faut engager les industriels, les scientifiques et les citoyens à appliquer cette notion dans le développement de nouveaux comportements.

Pour ce faire, les experts recommandent notamment la création d’un forum européen sur  la durabilité des ressources marines faisant intervenir industrie et société civile.

Une Science adaptée à l'Océan © EMB

Une Science adaptée à l’Océan © EMB


Ce document a été établi dans le cadre de :


L’European Marine Board (EMB) est l’un des principaux « think tank » européen en matière de politique des sciences de la mer. L’EMB est un réseau composé de plus de 10 000 scientifiques des principaux instituts océanographiques et marins nationaux, d’organismes de financement de la recherche et de réseaux nationaux d’universités d’Europe.

Le Conseil offre à ses organisations membres une plateforme leur permettant d’élaborer des priorités communes, de faire progresser la recherche marine et de combler l’écart entre la science et les politiques afin de relever les défis et de saisir les occasions futures en sciences marines.

Les conférences EurOCEAN sont des conférences européennes majeures sur la politique des sciences océaniques en Europe.

Elles invitent les décideurs et les planificateurs stratégiques aux niveaux européen et national à interagir avec la communauté de la recherche marine et les acteurs du secteur maritime.

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