L’Echo des abysses

Le navire Thalassa en escale à Cherbourg le 30 septembre 2019 dans le cadre de la mission CGFS © La Cité de la Mer
01/10/2019
Escale du Thalassa à Cherbourg pour la mission CGFS Parti de Brest le 15 septembre dernier, le navire Thalassa était en escale le 30 septembre à Cherbourg, dans le cadre de la campagne CGFS. ...

Parti de Brest le 15 septembre dernier, le navire Thalassa était en escale le 30 septembre à Cherbourg, dans le cadre de la campagne CGFS.

Réalisée tous les ans depuis 1988, cette campagne se déroule toujours dans la même partie de la Manche (une zone allant de Cherbourg à Dunkerque), à la même saison et avec un engin de pêche standardisé.

Les données récoltées par les scientifiques de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) sont ainsi comparables d’année en année.

Elles permettent d’évaluer l’évolution de la biodiversité en mer de la Manche, une zone particulièrement prisée par le secteur halieutique.

Ces données sont utilisées par les différents groupes de travail européens et internationaux afin de connaître l’état de santé des principaux stocks de poissons pêchés et proposer des mesures visant à maintenir un niveau de ressource exploitable dans le cadre d’une gestion durable des pêches.

En complément, des prélèvements de plancton sont réalisés  :

  • pour connaître la quantité et l’abondance du phytoplancton et du zooplancton présent.
  • pour évaluer le bon état écologique du milieu marin et étudier par exemple les conditions de présence et d’abondance d’organismes gélatineux tels que le cténaire (Mnemiopsis leidyi), une espèce invasive particulièrement vorace.

Un plancton particulièrement vorace et invasif, le cténophore Mnemiopsis leidyi © Bruno C. Vellutini [CC BY-SA 3.0]

Un plancton particulièrement vorace et invasif, le cténophore Mnemiopsis leidyi © Bruno C. Vellutini [CC BY-SA 3.0]

Retour à Brest prévu le 17 octobre 2019

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Océan © Bailey Mahon on Unsplash
26/09/2019
Alerte du GIEC : il faut agir pour l’Océan Le Rapport spécial du GIEC tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme : il faut de toute urgence prendre des mesures fortes pour faire face a...

Le Rapport spécial du GIEC tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : il faut de toute urgence prendre des mesures fortes pour faire face aux changements sans précédent que subissent l’Océan et les régions gelées de notre planète.

La haute mer, l’Arctique, l’Antarctique et la haute montagne peuvent sembler lointains à bien des gens a déclaré Hoesung Lee, président du GIEC. Or nous dépendons d’eux et sommes marqués, directement ou indirectement, par leur influence de bien des façons – dans les domaines du temps et du climat, de l’alimentation et de l’eau, de l’énergie, du commerce, des transports, des loisirs et du tourisme, de la santé et du bien-être, de la culture et de l’identité.

Selon le rapport, le réchauffement et l’acidification de l’Océan perturbent déjà les espèces à tous les niveaux du réseau alimentaire océanique : du phytoplancton aux mammifères marins.

Quelques données issues du rapport GIEC Océan 2019

Jusqu’à présent, l’Océan a absorbé plus de 90 % de la chaleur excédentaire du système climatique.

D’ici à 2100, il absorbera 2 à 4 fois plus de chaleur que pendant la période allant de 1970 à l’heure actuelle si le réchauffement planétaire est limité à 2 °C, et jusqu’à 5 à 7 fois plus, si les émissions sont plus élevées.

Ce réchauffement réduit le brassage entre les différentes couches d’eau et diminue l’approvisionnement en oxygène et en nutriments nécessaires à la faune et à la flore marines.

Des espèces marines menacées par le réchauffement et l'acidification de l'Océan © Qing Lin /UPY2017

Des espèces marines menacées par le réchauffement et l’acidification de l’Océan © Qing Lin /UPY2017

La fréquence des vagues de chaleur marines a d’ailleurs doublé depuis 1982 et leur intensité augmente.

Elles seront 20 fois plus fréquentes si le réchauffement est de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels et 50 fois plus fréquentes si les émissions continuent d’augmenter fortement.

L’océan a absorbé 20 à 30 % des émissions de dioxyde de carbone depuis les années 1980, ce qui a entraîné son acidification. S’il continue d’absorber du carbone jusqu’en 2100, il deviendra toujours plus acide.

Le réchauffement et l’acidification des océans, la diminution de l’oxygène et les variations de l’approvisionnement en nutriments ont déjà des répercussions sur la répartition et l’abondance de la faune et de la flore marines dans les zones côtières, en haute mer et dans les profondeurs océaniques.

Les changements dans la répartition des populations de poissons ont réduit le potentiel de capture global pour les pêcheurs.

Filets de pêche © johnnyberg-http://www.sxc.hu/

À l’avenir, ce potentiel diminuera encore dans certaines régions, en particulier les océans tropicaux, mais augmentera dans d’autres, telles que l’Arctique.

La santé nutritionnelle et la sécurité alimentaire des communautés qui dépendent fortement des produits de la mer peuvent s’en trouver menacées.

Dans le monde entier, la cryosphère et les océans subissent « les ardeurs » du changement climatique depuis des décennies, ce qui a des conséquences radicales et profondes sur la nature et l’humanité a déclaré Ko Barrett, vice -présidente du GIEC. Depuis les villes côtières jusqu’aux communautés isolées de l’Arctique, les changements rapides que connaissent l’Océan et les régions gelées de notre planète forcent des populations à modifier radicalement leur mode de vie.

Les glaciers et les calottes glaciaires des régions polaires et montagneuses perdent de la masse, ce qui contribue à l’accélération de l’élévation du niveau de la mer, ainsi qu’à l’expansion de l’océan qui se réchauffe.

Selon le rapport, alors que le niveau de la mer a augmenté d’environ 15 cm à l’échelle mondiale au cours du 20e siècle, cette hausse est actuellement plus de 2 fois plus rapide – 3,6 mm par an – et continue de s’accélérer.

La montée du niveau de l'Océan © GIEC adapt. La Cité de la Mer

La montée du niveau de l’Océan © GIEC adapt. La Cité de la Mer

Le niveau de la mer continuera d’augmenter pendant des siècles. Cette hausse pourrait atteindre 30 à 60 cm environ d’ici 2100 et ce, même si les émissions de gaz à effet de serre sont fortement réduites et si le réchauffement planétaire est limité à une valeur bien en dessous de 2 °C, mais environ 60 à 110 cm si ces émissions continuent d’augmenter fortement.

Au cours des dernières décennies, l’élévation du niveau de la mer s’est accélérée en raison de l’augmentation des apports d’eau provenant des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique, ainsi que de la contribution des eaux de fonte des glaciers et de l’expansion des eaux marines qui se réchauffent a indiqué Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du Groupe de travail I du GIEC.

L’élévation du niveau de la mer exposera certaines régions à des risques croissants d’inondations tandis que certaines îles pourraient devenir inhabitables.

Simulation des zones touchées par la montée des eaux dans le Cotentin (+1,5°C ou +4°C) © https://choices.climatecentral.org/

Simulation des zones touchées par la montée des eaux dans le Cotentin (+1,5°C ou +4°C) © https://choices.climatecentral.org/

Des événements extrêmes (cyclones, …) qui se produisaient précédemment une fois par siècle se produiront chaque année d’ici 2050 dans de nombreuses régions, augmentant les risques auxquels sont confrontées de nombreuses villes côtières et petites îles de faible élévation.

D'ici 2100 les phénomènes extrêmes seront plus fréquents © Image parJ Lloa de Pixabay

D’ici 2100 les phénomènes extrêmes seront plus fréquents © Image parJ Lloa de Pixabay

Selon le rapport, il serait possible de préserver l’Océan et la cryosphère :

  • en réduisant fortement les émissions de gaz à effet de serre,
  • en protégeant les écosystèmes et en les remettant en état,
  • en gérant soigneusement l’utilisation des ressources naturelles marines.

Plus nous agirons rapidement et de manière décisive, plus nous serons en mesure de faire face aux changements inévitables, de gérer les risques, d’améliorer nos vies et d’assurer la durabilité des écosystèmes et des populations du monde entier – aujourd’hui comme demain a déclaré Debra Roberts, co-présidente du Groupe de travail II du GIEC.

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Ghislain et Emmanuelle Périé-Bardout et leurs équipes vont bientôt mettre à l'eau la capsule © Franck Gazzola / Under The Pole / Zeppelin Network
19/09/2019
Under the pole : l’observatoire sous-marin Capsule enfin prêt Après des semaines de préparation intense et quelques mois de retard, l'observatoire sous-marin Capsule imaginé par Ghislain Bardout et Emmanuelle...

Après des semaines de préparation intense et quelques mois de retard, l’observatoire sous-marin Capsule imaginé par Ghislain Bardout et Emmanuelle Périé-Bardout – co-fondateurs des expéditions Under the pole – est enfin prêt à être mis à l’eau ! 

Cet habitat sous-marin, inspiré de l’imaginaire de Jules Verne et dans la lignée des pionniers comme Jacques-Yves Cousteau,  va bientôt être immergé dans les eaux du Pacifique, sur la pente externe du récif de Moorea (Polynésie française), dans la baie d’Opunohu.

Jusqu’à fin novembre, les  équipes d’Under the pole, en partenariat avec les chercheurs du CRIOBE  l’un des plus éminents laboratoires français pour l’étude des écosystèmes coralliens – vont pouvoir étudier in situ et pendant plusieurs jours d’affilée, les récifs coralliens de Moorea.


5 INFOS +++

  • La capsule a la forme d’un cyclindre en aluminium de 2 m de long sur 1,50 m de diamètre. Pas très grand mais assez pour accueillir 2 à 3 personnes !
  • Elle est équipée, à chaque extrémité, de 2 dômes en plexi pour une vision de l’Océan à 360°  !
  • Les plongeurs pourront vivre durant plusieurs jours à l’intérieur de la capsule.
  • Grâce au sas d’accès, les plongeurs pourront sortir pour étudier les récifs puis rentrer dans la capsule pour manger ou se reposer. Du « camping sous-marin » en quelque sorte !
  • Elle sera suspendue, un peu comme une montgolfière, aux 2 ballasts qui vont l’ancrer au fond de l’Océan.
La capsule sera immergée dans cette zone située sur la pente externe du récif de Moorea (Polynésie française) © Franck Gazzola / Under The Pole / Zeppelin Network

La capsule sera immergée dans cette zone située sur la pente externe du récif de Moorea (Polynésie française) © Franck Gazzola / Under The
Pole / Zeppelin Network

Les plongeurs mesurent la zone avant la mise en place des ballasts qui maintiendront la capsule au fond. © Franck Gazzola / Under The Pole / Zeppelin Network

Les plongeurs mesurent la zone avant la mise en place des ballasts qui maintiendront la capsule au fond. © Franck Gazzola / Under The
Pole / Zeppelin Network

Chaque ballast pèse 3 tonnes mais ils peuvent flotter © Franck Gazzola / Under The Pole / Zeppelin Network

Chaque ballast pèse 3 tonnes mais ils peuvent flotter © Franck Gazzola / Under The
Pole / Zeppelin Network

Expédition Under the pole III

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