Expédition Under the pole III

23/05/2017
Under teh pole © Benoit-Poyelle Deepsea Under The Pole

L’équipe d’Under the pole III est partie le 20 mai dernier, de Concarneau, à bord de leur goélette polaire WHY.

Pendant 3 ans, cette équipe de plongeurs et de scientifiques menée par Ghislain Bardout et Emmanuelle Périé-Bardout va parcourir 80 000 km, de l’Arctique à l’Antarctique, en passant par le Pacifique et l’Atlantique.

Leur objectif : étudier le milieu sous-marin entre 30 et 150 m de profondeur (la “twilight zone”) et développer de nouvelles techniques de plongée, pour prolonger la durée des immersions humaines.

La “twilight zone” est la couche de moyenne lumière de l’océan située entre 30 et 150 mètres sous la surface.

Très peu explorée jusqu’à présent, elle possède un potentiel de découvertes sans pareille mesure.

La goélette polaire WHY va parcourir 80 000 km durant 3 ans © Guim/Under the pole III

La goélette polaire WHY va parcourir 80 000 km durant 3 ans © Guim/Under the pole III

L’équipe de plongeurs d’Under the pole III a programmé, entre 2017 et 2020, 500 plongées en recycleur.

Ce type de scaphandre à circuit fermé permet de plonger :

  • plus longtemps (une bouteille de plongée classique dure environ 45 minutes à 10 mètres de profondeur et seulement 10 minutes à 90 mètres),
  • plus profond,
  •  au plus près de la faune car il ne fait pas de bulles et est silencieux.

L’équipe d’ Under the pole III développera également une “capsule” de vie à saturation qui sera testée en 2018 dans les eaux de la Polynésie.

La saturation est l’équilibre que le plongeur atteint après un certain temps de séjour en immersion. À partir de ce moment, le plongeur peut rester indéfiniment à cette profondeur sans augmenter le temps nécessaire au retour en surface.

Jusqu’ici, c’est une technique utilisée exclusivement dans la plongée industrielle sur les plateformes pétrolières ou gazières mais qui, appliquée de manière plus légère, pourrait révolutionner les études scientifiques du milieu sous-marin, en particulier plus profond.

Under the pole III © Guim/Under the pole III


Parmi les temps forts de cette mission :

  • Entre juillet et septembre 2017 : Lumière sous l’Arctique

La biofluorescence et la bioluminescence sont deux disciplines scientifiques encore très peu étudiées dans les régions polaires.

Bioluminescence d'un cténophore à 30 mètres de profondeur dans l'océan Arctique © Stuart Thomson/University of Delaware

Bioluminescence dans l’océan Arctique © Stuart Thomson/University of Delaware

Accompagnée du scientifique Marcel Koken (CNRS), l’équipe plongera dans la zone profonde pour déceler et comprendre ces deux phénomènes.

Pour en savoir plus

  • Entre mai 2018 et août 2019 : Coraux profonds et requins en Polynésie

Difficiles d’accès, les récifs coralliens profonds restent largement inexplorés. Dans le Pacifique (Polynésie française) le programme « Deep Hope » mené avec le Centre de Recherche Insulaire (CRIOBE – CNRS) contribuera à mieux comprendre ces récifs peu explorés.

A 1 545 m de profondeur, dans le canyon de Lampaul (golfe de Gascogne), des coraux d’eau froide ("Solenosmilia variabilis") fournissent un habitat pour des gorgones, des ophiures et des étoiles de mer. © Ifremer - BobEco 2011

Coraux d’eau froide dans le golfe de Gascogne © Ifremer – BobEco 2011

Sur la même période, des plongées seront également prévues à la rencontre du grand requin marteau et le requin bouledogue, des super-prédateurs menacés d’extinction car victimes des activités humaines et de l’écotourisme.

Pour en savoir plus

  • Entre décembre 2019 et février 2020 : Lumières polaires en Antarctique

Déjà étudiées en Arctique, la biofluorescence et la bioluminescence sont aussi au programme en Antarctique. Les équipes de scientifiques et plongeurs continueront d’étudier ces phénomènes dans la twilight zone des régions polaires pour recueillir le plus de données possible.