Un bassin simule l’effet de contaminants dans les écosystèmes aquatiques méditerranéens

27/09/2006

Un laboratoire créé à Madrid permet de reproduire les écosystèmes naturels des lagunes méditerranéennes. Ce laboratoire a comme objectifs principaux d’analyser les effets d’un rejet dans le milieu naturel de contaminants émergents, comme les médicaments. Cet environnement artificiel qui reproduit le milieu naturel des espèces est appelé un mésocosme.
Jose Vicente Tarazona, directeur du Département Environnement de l’Institut National de Recherche et des Technologies Agraires et Alimentaires (INIA) et du laboratoire d’écotoxicologie explique que des échantillons de sédiments et d’eau des différentes lagunes de la péninsule ibérique ont été prélevés, et introduits dans le laboratoire pendant quelques mois afin qu’ils s’acclimatent au nouvel environnement.
Le résultat donne une lagune artificielle représentative de l’écosystème d’un groupement méditerranéen. La lagune accueille actuellement des milliers d’espèces, que ce soient des organismes unicellulaires, des algues, des microorganismes invertébrés, des amphibiens ou encore des plantes vasculaires, ce qui représente une chaîne alimentaire aquatique complète.
Des tubes connectés à un hangar adjacent sont utilisés pour amener l’eau dans les dix-huit bassins dans lesquels les expériences sont réalisées.
De cette manière, le lagon n’est jamais pollué par des contaminants. Pour étudier l’effet d’une substance, les chercheurs extraient de l’eau de la lagune et la propulsent dans les bassins. Après une période d’acclimatation de l’écosystème, la substance est introduite à différente concentration dans chaque réservoir, puis la modification de l’écosystème est contrôlée.
L’objectif est d’étudier les conséquences réelles du rejet de polluant dans le milieu. Les écosystèmes artificiels permettent de mesurer directement les paramètres écologiques qui agissent sur la dynamique de la population, sur la biodiversité, les cycles nutritifs et énergétiques.
Ce type d’installation est le seul permettant d’étudier les effets indirects qui réagissent sur les interactions entre les différentes espèces présentes dans un écosystème.

Source : BE Espagne n° 55 du 12/08/2006
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/38805.htm