Après la protection de l’ours polaire, la baleine Beluga est classée…

30/10/2008

…parmi les espèces en danger. Vendredi dernier, la baleine Beluga a rejoint le classement des espèces en danger selon l’Endangered Species Act (ESA). Cette décision de l’administration Bush fait suite a un rapport détaillé de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration) en charge de la mise en pratique de l’ESA.

Le Beluga de l’anse de Cook en Alaska est une population génétiquement différente des Belugas de l’océan Arctique. L’isolement de cette population se serait produit lors du dernier épisode glaciaire. Estimée au nombre de 1300 spécimens il y a 30 ans, la population de l’anse de Cook serait descendue au nombre de 300 lors du recensement de 2005. Selon de récentes études menées par la NOAA, cette population aurait une chance sur quatre de disparaître d’ici 100 ans.

Cela fait dix ans que les scientifiques et différentes ONG réclament le classement du beluga parmi les espèces en danger de l’ESA. Longtemps péchée par les autochtones, la population des belugas enregistra une baisse de 50% dans les années 90. Suite à ce déclin et au refus de classer l’espèce dans l’ESA, la pêche au Beluga fut régulée en 1998 par le Marine Mammal Protection Act. Malgré ces mesures de protection et comme l’a constaté James Balsiger, administrateur adjoint de la NOAA, la population de l’anse de Cook continue de diminuer.

La reconnaissance de ce cétacé comme espèce menacée était problématique, étant donné la proximité de son habitat avec la ville Anchorage, centralisant les activités économiques de l’état d’Alaska. Le classement du beluga selon l’ESA va nécessiter des études approfondies sur le mode de vie des cétacés (régime alimentaire, habitat…) et l’impact des activités humaines sur l’environnement marin. Selon l’ESA, la NOAA dispose d’un an pour mettre en place une législation propre à la préservation des belugas. La mise en application de cette législation aboutira à la définition de zones maritimes à protéger correspondant aux lieux d’habitat de l’espèce.

Ainsi, la conservation du patrimoine naturel aura eu raison des enjeux économiques. De futur projets, tel que l’agrandissement du port d’Anchorage ou encore la construction d’un nouveau pont à proximité de l’anse de Cook, pourraient pâtir de cette décision. Par ailleurs, des répercutions sur les normes imposées aux industries pétrolières et minières sont à prévoir, certaines industries étant actuellement autorisées à déverser directement leurs rejets dans l’anse de Cook.

Le classement de la baleine beluga constitue la seconde altercation entre le gouvernement américain et le gouverneur de l’Alaska, Sarah Palin. Tout comme lors du classement de l’ours polaire, la candidate pour la vice-présidence au coté de John McCain, conteste les données scientifiques mettant en évidence un déclin de l’espèce Beluga au profit des intérêts des pétroliers. Selon le gouverneur, l’espèce serait toujours en récupération des années de pêche intensive et ne présente pas de risque d’extinction. A deux semaines de l’élection présidentielle, cette altercation rappelle les choix du gouverneur Sarah Palin en termes de politique énergétique versus protection de l’environnement.

(Crédit photo : Beluga whales at Mystic Aquarium.anim0901, NOAA’s Ark – Animals Collection / Connecticut, Mystic)

Source : BE Etats-Unis numéro 139 (24/10/2008) – Ambassade de France aux Etats-Unis / ADIT –
http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/56409.htm